L’action d'une demi-heure des employés du centre de recherche de Colgate-Palmolive à Milomrt, ce mardi matin, ressemblait à une funeste énumération de disparus. Et pour cause, puisqu’une septantaine de travailleurs sont menacés sur ce site. Les noms d’une cinquantaine d’entre eux, travaillant au centre de recherche, ont été cités «pour faire comprendre que c’est à chaque fois une famille qui est menacée», explique Jacqueline Stevens, secrétaire permanente CNE.
Le 5 novembre dernier, alors que se profilait une cure d’amaigrissement à l’échelle mondiale avec suppression de 2300 postes sur 38600, la direction annonçait la fermeture du site de Milmort (Herstal). Deux unités de production y sont implantées : la parfumerie (21 emplois) et le centre de recherche (49 emplois).
Une procédure Renault avait immédiatement été enclenchée. En ce qui concerne la parfumerie, la phase 1 (information et consultation) est toujours en cours «et n’est apparemment pas près de s’achever», selon Jacqueline Stevens, secrétaire permanente CNE.
La phase de négociation début aujourd’hui pour le centre de recherche
La procédure Renault concernant le centre de recherche entre dans la phase 2 (de négociation) ce mardi, raison pour laquelle le front commun syndical CGSLB-CNE s’est rassemblé en fin de matinée. L’objectif de cette action vise à marquer le soutien des travailleurs aux représentants syndicaux, mais aussi à faire savoir qu’ils n’avaleront pas de couleuvres.
«Tous ces travailleurs sont qualifiés et ils veulent montrer qu’ils tiennent à ce que l’activité se poursuive», note Gonzague Milis, secrétaire permanent CGSLB. Certains d’entre eux ont même entrepris des démarches vis-à-vis d’autres entreprises, potentiellement repreneuses. «Il est assez rare que cette démarche provienne des employés et non de la direction», soulignent d’ailleurs les syndicats.
Malgré l’espoir d’une reprise, ce sont les négociations sur le volet social de la fermeture qui vont désormais attirer les attentions. «Il y a deux solutions : la reconversion ou la fermeture. En cas de fermeture, nous ne comptons pas nous en tenir uniquement au cadre légal, mais nous discuterons des prépensions et primes éventuelles» pour épargner au maximum les travailleurs qui se retrouvent sur le carreau, explique Jacqueline Stevens.
Jusqu’à présent, «les discussions se sont déroulées de manière correcte avec la direction, mais il est évident que les choses sérieuses commencent maintenant», ajoute-t-elle. «Nous sommes partis pour une phase d’un mois et demi ou deux mois de négociations…»