Jeudi, on apprenait que l’entreprise de titres-services ESM à Fosses-la-Ville était transférée sous autorité judiciaire. 256 emplois y sont menacés, en raison de difficultés financières.

En cause, des problèmes de gestion, des salaires de cadres trop élevés et un manque d’anticipation de la part de l’employeur.

Ce genre de situation est récurrent ces derniers temps. Les faillites et les fermetures se multiplient dans le secteur. «Le système des titres-services connaît des difficultés, l’âge d’or est dépassé. Il n’est plus, pour certains, le système rentable de ses débuts» explique Philippe Defeyt, économiste.

Plus de 2700 entreprises

Créés en 2004 afin de remédier au chômage et au travail au noir, les titres-services connaissent un succès croissant. Aujourd’hui, plus de 2 700 entreprises emploient près de 150 000 travailleurs.

«Beaucoup de personnes ont été attirées par ce secteur qui offre un financement automatique, de grandes marges financières, des aides à l’emploi et des subsides du fédéral» affirme Françoise Renard, permanente CSC Alimentation et services.

Mais si l’affaire semble juteuse à première vue, la réalité peut être quelque peu différente. «Il arrive un moment où les coûts augmentent plus vite que les subsides, affirme Philippe Defeyt. Et sans anticipation, des entreprises se retrouvent la corde au cou.» Et de rappeler que certains n’anticipent pas la fin des plans Activa de leurs travailleurs ainsi que la baisse des aides à l’emploi en raison de l’ancienneté de certains employés.

Selon l’économiste, le secteur des titres-services a souffert d’un manque de réflexion des autorités lors de sa mise en place. Même son de cloche chez les syndicats : «Il a été créé trop rapidement, sans encadrement, explique Françoise Renard. Presque n’importe qui pouvait lancer son entreprise dans le secteur, sans formation.»

Pour un système mieux contrôlé

Afin d’y remédier, Philippe Defeyt estime que le secteur doit être mieux encadré. Et pour cause, il est financé à 2/3 par de l’argent public mais géré en grande partie de manière privée.

«Il faut renforcer les règles liées à l’agrément, empêcher le non payement des cotisations ONSS, cadrer la rémunération des gérants et l’affectation des bénéfices» prônent les syndicats.

De plus, d’après l’économiste, il faudrait transférer une partie du système dans un secteur plus encadré, tel que l’aide familiale.

«La Région sera bientôt compétente pour les titres-services. Elle devrait transférer une partie vers l’aide familiale, un secteur plus ancien, plus solide et mieux contrôlé », explique-t-il.