Mais où sont donc les 1 300 jambons que les établissements Hartman de Vaux-sur-Sûre ont envoyés se faire désosser en Italie? C’est la question que se posent les gestionnaires de l’entreprise de salaison.

Rétroactes sur les faits. On approche des fêtes et la société qui produit notamment les jambons «Délices de la Sûre» envoie un chargement de jambons vers l’Italie où elle a pris l’habitude de les faire désosser. Ne pouvant s’occuper du déplacement avec ses camions, elle prend contact avec un transporteur de la région. Celui-ci sous-traite ce travail à un camionneur venant des pays de l’Est après avoir pris soin de vérifier qu’il était bien inscrit dans son pays d’origine. On est le 21 décembre et les jambons sont chargés. Le retour est prévu pour le 24 voire le 26 décembre.

Marie-France Henrard explique la suite : «Fin de cette semaine-là, on apprend que le transporteur est retourné chez lui pour les fêtes. On a déjà senti que cela ne tournait pas bien. On nous a ensuite affirmé son retour pour le début de l’année, mais nous attendons toujours nos jambons. Il avait pourtant tous les papiers en ordre. Ce n’est qu’après qu’on a su que les documents étaient faux, tout comme la plaque d’immatriculation. C’est de la marchandise pour 108 000€ qui s’est envolée. Nous allons faire marcher l’assurance marchandises de la société belge, mais cela ne représentera que 50 000€. Il faut vraiment alerter les gens pour qu’ils ne fassent pas confiance à n’importe qui. On sent vraiment que ce camion était prévu pour voler de la marchandise quelle qu’elle soit.»

Bientôt 28 000 jambons par an

La société Hartman produit en moyenne près de 20 000 jambons par année, mais devrait augmenter son potentiel à 28 000 dans les années à venir avec de nouveaux investissements. L’absence de ces jambons pourrait donc affaiblir la marche en avant de la salaison. «On comptait sur ces jambons pour avoir un peu de stock, car nous sommes en flux tendu, poursuit Jean-Pol Hartman. Je n’ai plus de réserves. Je ne peux plus chercher de nouveaux marchés pour l’instant car un jambon a besoin de onze à douze mois de maturation. On devrait toutefois retrouver notre marche en avant. Il ne devrait pas y avoir de pénurie pour nos clients actuels.»

Il ne peut cependant, par ailleurs, pas faire autrement que de se tourner vers l’Italie pour le travail de désossage. «Il n’y a qu’une société en Belgique qui le fait et ce sont nos concurrents. On passe par eux pour de petites quantités, cela nous en coûte 8 à 9€ le jambon pour 2,8€ en Italie.»

Et le chef de l’entreprise de lancer un nouvel appel à la prudence concernant les transporteurs venus de l’Est de l’Europe.