Le COF (Centre d’orientation et de formation) vient d’inaugurer un «espace-rencontre» itinérant baptisé Trimurti Mobile, une initiative unique en Europe. Imaginé en juin 2010, ce projet pilote a reçu l’appui financier de la Région wallonne et est officiellement opérationnel depuis cette semaine. Plus concrètement, il s’agit d’un véhicule aménagé qui pourra se déplacer en fonction des demandes des familles afin de permettre aux adultes et aux enfants de créer ou recréer un lien entre eux. Car c’est bien là l’objectif de Trimurti, qui propose déjà depuis 2001 un endroit fixe de rencontre dans les locaux du COF à Amay : permettre à des parents et à des enfants de vivre des relations affectives et ce de manière encadrée afin d’atténuer toute atmosphère conflictuelle. «Dans 95 % des cas, ces rencontres se déroulent suite à une décision judiciaire, explique Étienne Leroy, directeur du COF. C’est par exemple une séparation qui se passe mal et l’enfant ne voit plus son père ou ses grands-parents. Cela concerne tous ceux qui ont un droit aux relations personnelles.»

Ce service gère quelque 80 dossiers annuellement. En un peu plus d’une décennie, Trimuli a permis aux familles de passer 12 000 heures ensemble dans ce lieu. «Si on dresse un bilan, pour 80 % du temps c’est un succès, alors qu’on part souvent d’un climat de haine exacerbée.»

Laisser le plus de liberté aux parents

Dans les communes rurales, atteindre un espace-rencontre n’est pas toujours évident. Surtout si on ne dispose pas de moyen de locomotion. Le Trimurti Mobile permettra de pallier à ces difficultés et pourra sillonner les 22 communes de l’arrondissement judiciaire de Huy, mais rien ne l’empêchera d’aller jusqu’à Waremme. À son bord, une équipe de deux intervenantes, psychologues de formation, qui permettront aux familles de se retrouver. «Nous ne sommes pas des gardiennes de prison, dit Aline Deflandre. Nous laissons le plus de liberté aux parents. Le lien va se recréer petit à petit.»«L’objectif n’est pas d’organiser une thérapie, mais bien d’offrir un espace et un cadre le plus sécurisant possible, poursuit sa collègue Ode Dernoncourt. L’intérêt de l’enfant est au centre des préoccupations.» Des enfants à qui l’on permet d’accéder à l’un de leurs besoins fondamentaux : l’amour de ses parents.