Damien Huysmans a créé la première entreprise belge qui commercialisera des insectes sous forme de pâte à tartiner ou en purée pour accompagner des pâtes ou du riz. Mais «Green Kow», sa firme, ne peut toujours rien proposer de concret dans les rayons : la législation européenne n’a toujours pas donné les autorisations officielles à cette forme d’alimentation millénaire.

À Gembloux, les laboratoires universitaires nourrissent des cobayes humains à coup de grillons et de vers de farine. Une évaluation sensorielle régulière qui débouchera bientôt sur des élevages industriels de ces masses de protéines que sont les termites ou autres sauterelles exotiques. « Ils sont moins polluants et moins gourmands en nourriture et espace que les porcs ou les bovidés», affirme le professeur Frédéric Francis. « Dans 30 ans, il faudra nourrir 9 milliards de bouches, on doit trouver d’autres pistes», confirme Éric Haubruge, vice-recteur et entomologiste.

Certains vers, nourris avec du son et un peu de farine, sont un bon apport en acides aminés et offrent une bonne balance en acides gras insaturés Imaginez des spaghettis remplis de beurre. Mais le goût? «La texture molle dégoûte un peu. L’aspect est désagréable mais une fois en bouche, c’est bon», confirme un étudiant testeur volontaire.

La saison des sauterelles vient de commencer. Mais pas encore d’arrivage hebdomadaire à Matonge. L’épicier local, Musenga, n’a que des sauterelles à proposer à mama Léona. Elle rit : « Vous savez, pour les Africains, manger des moules, ce n’est pas non plus évident.»

L’Afrique et l’Asie consomment des insectes depuis toujours. Si le cœur vous en dit, Pierre Lecoq, commerçant à Malmedy, en propose déjà sous forme de «sachets découverte». Et de sucettes pour les enfants. Bon appétit.

RTL TVI, 19.45