Vincent Bodart, vous êtes professeur à l’UCL et directeur du service d’analyse économique de l’Ires. L’écart salarial belge est-il réel ?

Oui, il l’est. Pendant de nombreuses années, on a eu une croissance plus grande qu’ailleurs. On a sans doute sous-estimé la croissance salariale de nos voisins. L’Allemagne, en particulier, a le plus modéré ses salaires les dernières années. Et en Belgique, l’indexation des salaires, lié au coût de la vie, a fait croître plus que prévu les salaires par rapport aux trois autres pays. À partir de là, toute une série de mesures sont possibles.

Les syndicats estiment que le patronat manipule les chiffres sur l’écart salarial.

On peut discuter en effet de la hauteur de ce handicap salarial. Mais il existe certainement par rapport à la France et l’Allemagne. Ceci dit, les chiffres de comparaison seraient plus affinés, et différents, si on incluait les chiffres de l’Italie ou de l’Espagne vers qui se dirige aussi notre commerce extérieur. Et ce serait affiné aussi, si on comparait directement l’écart salarial à fonction égale. Par exemple un soudeur allemand par rapport à un soudeur belge, etc. ¦ C.Ern.