Pour l’instant, ils représentent à peine 5 % des travailleurs. Qui sont-ils? Ce sont les covoitureurs. «C’est peut-être peu mais le covoiturage est la deuxième solution choisie par les travailleurs, avant le bus et le train» explique Frédérique Wathelet de l’ASBL Taxistop. Permettre la mobilité au sein d’une zone d’activité économique est un défi à relever. Pour y répondre, le CSEF (comité subrégional de l’emploi et de la formation) a mis en place un projet en partenariat avec l’intercommunale IDETA et d’autres cellules mobilité.

Pour ces divers organismes, il faut repenser la mobilité au sein du zoning de Ghislenghien. Ces acteurs ont établi un diagnostic de l’accessibilité à cette zone d’activité il y a deux ans. D’une analyse partant de huit entreprises, des recommandations ont été tirées des trajectoires domicile-lieu de travail de plus de 75 % des travailleurs de la

zone. Tout d’abord, IDETA a utilisé ces informations en élaborant une plateforme web (www.mobilideta.be) exposant les solutions alternatives en termes de mobilité.

La campagne «Bougez malin vers le parc d’activités de Ghislenghien» invite de son côté les entreprises et leurs travailleurs à s’accorder trois semaines pour s’informer et expérimenter de nouveaux modes de transport pour en saisir les atouts et faiblesses. «La semaine du co-voiturage» est la première de ces initiatives.

Avantages pour tous

De nombreux avantages aussi bien sociaux, qu’économiques et fiscaux pousseront le navetteur vers le covoiturage. «Pour l’entreprise, moins de places de parking seront nécessaires» explique Frédérique Wathelet. «Des études montrent aussi que le covoiturage favorise la ponctualité. Quand on se sent responsable pour que son collègue se rende au travail, on a moins tendance à vouloir l’abandonner». Bien sûr, pour le travailleur, le partage des coûts, à l’heure où les prix des carburants explosent, n’est pas un argument pris à la légère. Outre le côté convivialité, une exonération fiscale est possible.

Mais qui dit covoiturage dit compatibilité d’horaires. Pour le covoitureur potentiel, il ne faut pas se limiter au personnel de sa propre entreprise, surtout dans un zoning. «Il est possible de voir les connexions avec d’autres entreprises qui ont les mêmes plages horaires» explique Isabelle Gadisseux. «Sur la carte proposée par Taxistop, on peut visualiser les personnes intéressées par le covoiturage et on remarque souvent qu’il y a quelqu’un qui vient d’aussi loin que soi pour aller travailler».

Du côté des entreprises, soutenir les travailleurs quand ils optent pour une nouvelle démarche de mobilité est crucial. Des mesures peuvent être prises. «Des parkings peuvent aussi être réservés aux covoitureurs. Il existe aussi le «retour garanti», c’est-à-dire qu’une entreprise assure un travailleur-passager de pouvoir rentrer chez lui si son collègue a dû partir plus tôt que prévu par exemple.»