1. À l’analyse, la N-VA est loin d’une victoire absolutiste Nul ne peut prédire l’issue d’un scrutin 18 mois à l’avance. Une défaite de la N-VA reste possible. Surtout, une victoire de la N-VA, telle que le pays n’aurait plus qu’à se plier à ses volontés, est contredite par les résultats des dernières élections provinciales, explique Vincent Laborderie. Les sondages avaient donné la N-VA à 35 à 40 %.

Si l’on s’en tient aux élections provinciales, on constate que les nationalistes flamands stagnent depuis 2010, aux alentours de 28 % des voix. Les partis séparatistes pris dans leur ensemble ont même régressé du fait de la chute du Vlaams Belang (9 % des voix) et de la quasi-disparition de la Liste De Decker. Résultat : le CD & V que l’on disait moribond est celui qui se remet le mieux du faux-pas de 2010. Il remonte à 21,5 % soit presque son niveau des élections régionales de 2009.

De manière générale, les partis soutenant la sixième réforme de l’État (CD & V, OpenVLD, SPA et Groen) représentent près de 60 % de l’électorat en Flandre (contre 55 % en 2012). Une N-VA à 28 % n’est pas en mesure d’imposer le confédéralisme et encore moins l’indépendance de la Flandre.

2. Il faudrait un accord et une consultation de la population Même dans l’hypothèse d’une N-VA hyper-dominante, la fin de la Belgique n’apparaît pas comme une éventualité crédible. En effet, l’étude des cas récents de séparation pacifiques d’États montre que celle-ci doit obéir à deux conditions cumulatives pour être acceptées par les autres États européens : un accord entre les différentes parties et une consultation des populations concernées. Or aucune de ces conditions n’est susceptible d’être remplie pour le cas d’une indépendance de la Flandre.

3. Bruxelles reste le verrou On bute, encore et toujours, sur le verrou à la séparation que constitue Bruxelles. En effet ni les Flamands ni les Francophones ne veulent se priver d’un accès à leur vitrine internationale. Et si la Belgique devait éclater, ce territoire central ne peut qu’être perdu pour au moins une des deux entités. En effet dans le monde contemporain un territoire ne peut appartenir qu’à un État et un seul.

Inutile donc de fantasmer sur un condomination flamando-wallon sur cette ville : un tel schéma est proscrit depuis la fin de la période coloniale. Inutile également d’évoquer, autrement que comme un pur cas d’école, la possibilité d’un district européen tant que l’Union européenne n’est pas devenue un État fédéral. Bruxelles apparaît comme le dossier a priori le plus insoluble. Il en est bien d’autres : le partage de la dette ou le statut des communes à facilités.

4. L’opinion publique flamande est contre la fin du pays Le soutien à l’indépendance de la Flandre se situe autour de 15 % dans l’opinion publique, un chiffre qui n’a pas varié depuis les crises à répétitions que connaît notre pays depuis juin 2007. Même chez les électeurs de la NVA, cette proportion ne dépasse pas les 17 % (chiffres du Crisp en 2010, NDLR). Or un soutien populaire à l’indépendance est nécessaire pour que celle-ci soit acceptée au niveau international.