Ce sont les derniers belgicains. Ou plutôt, à les écouter, les premiers belgicains d’une nouvelle lignée «revigorée». Ils repoussent ce qu’ils estiment être «la pensée unique ambiante», celle qui souffle que «la fin du pays est désormais imminente et inéluctable».

Car la date de la mort de la Belgique est désormais programmée en 2014, lorsque la N-VA triomphera en Flandre. Et bien nos penseurs, ceux qui viennent de commettre ensemble 200 pages de « réflexions pour un fédéralisme revigoré», disent que c’est totalement faux.

« Ceux qui croient en la fin de la Belgique sont des imbéciles», tonne carrément Philippe Van Parijs, philosophe et responsable de la Chaire Hoover d’éthique économique et sociale à l’UCL. «L’histoire du fédéralisme belge en est seulement à ses débuts.» Bruxelles est, et restera, le verrou, selon lui. «Bruxelles, ce n’est pas du ciment mais un paquet d’élastiques qui tient ce pays ensemble. Bruxelles ne pourra jamais être con-dominée par deux petits États (la Flandre et la Wallonie) qui se chamailleraient.»

Il reconnaît volontiers que la Belgique a échoué comme nation. Contrairement à la France qui s’est établie comme République en balayant toutes les autres langues que le français. «Pas nous. Et tant mieux. Il faut aller maintenant vers une confédération de quatre régions.» Il fustige le manque de bilinguisme des francophones. «Il n’y a toujours qu’un petit 15 % de la population francophone qui parvient à parler l’autre langue de ce pays. S’il y a bien une arme efficace contre le nationalisme, c’est l’apprentissage du néerlandais.» Il souligne que le débat sur l’avenir du pays échappe aux francophones car il se déroule en néerlandais qui constituent 60 % de la population.»

Philippe Van Parijs plaide, enfin, pour une circonscription électorale unique, son cheval de bataille depuis des années. Cette circonscription obligerait des politiques du nord et du sud à rendre des comptes à l’autre communauté. Mais jusqu’ici les politiques ont mollement défendu cette idée.

L’ouvrage regroupe des articles écrits par neuf auteurs différents (juristes, philosophes, historiens…). Il ne paraît, fort malheureusement qu’en français même si des néerlandophones ont participé à la réflexion. L’ouvrage est dédié à Ludo Dierickx, fondateur de BPlus.

« Good morning Belgium, réflexions pour un fédéralisme revigoré », projet pluridisciplinaire, éd. Mols, 210 pages, 20 €