«Ecoutez, Thérèse, je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, elle est gentille  ». Cette réplique culte du «Père Noël est une ordure  » traduit bien l’image que nous avons de la gentillesse, souvent assimilée à de la faiblesse et de la simplicité d’esprit dans un monde ou seule la compétition compte.

C’est peut-être pour lutter contre ce préjugé qu’est organisée ce 13 novembre la Journée mondiale de la gentillesse.

Mais au fait, qu’est-ce que ça apporte d’être réellement gentil, d’avoir de l’empathie pour les autres? Pour Ilios Kotsou, spécialiste en psychologie positive et professeur invité dans plusieurs grandes universités, la gentillesse est avant tout un gage de bonheur personnel.

«Une étude japonaise a montré que les gens gentils étaient plus heureux. Dans une autre étude, on a demandé aux participants de poser 10 actes gentils. Au terme de l’expérience, ils se sentaient plus heureux.  »

Et puis, la gentillesse resserre les liens sociaux.

«La gentillesse met de l’huile dans la société. Elle fait du bien à celui qui est gentil mais aussi aux autres. Ça donne un sentiment d’élévation. Tout comme le fait d’être le témoin d’actes gentils. La gentillesse, c’est la célébration du lien social. On a aussi démontré que les gens étaient plus heureux de donner que de recevoir. C’est comme un virus. Et ça crée des conséquences mesurables, y compris sur la biologie du corps humain.  »

Prendre le temps d’être gentil

Toute la question est évidemment de savoir pourquoi certaines personnes sont plus gentilles que d’autres.

«La gentillesse, ça se cultive  » estime Ilios Kotsou. «Le problème, c’est qu’on est souvent sous la pression du temps. Certaines personnes ne sont pas gentilles parce qu’elles n’y pensent pas, elles n’ont pas le temps! Il faut donc apprendre à ralentir, à réfléchir à nos valeurs. Parce que, par nature l’Homme est gentil  ».

Voilà une phrase surprenante dans un monde où on a l’impression que l’égoïsme a pris définitivement le pas sur l’altruisme.

« Bien sûr, certaines personnes sont dures ou pas gentilles. Mais on sait scientifiquement aujourd’hui que nous sommes câblés pour l’empathie. Et même dans la nature, la gentillesse existe de manière… naturelle. Une étude a d’ailleurs révélé que, chez certains singes, les individus gentils vivaient plus longtemps. Alors qu’on aurait pu croire le contraire  ».

Être gentil ET vrai

Le psychologue Thomas D’Amsembourg a, lui aussi, analysé la gentillesse. Mais, avec le titre de son bouquin «Cessez d’être gentil, soyez vrai  », il donne néanmoins l’impression qu’être gentil, c’est se faire avoir et se mentir à soi-même.

« Je pense que c’est une phrase choc mais ce n’est pas ce qu’il a voulu dire  » analyse Ilios Kotsou. «Personnellement, je pense qu’il y a moyen d’être gentil et vrai. Ce ne sont pas deux notions qui s’opposent  ».

Conclusion, si une femme conduit comme un escargot devant vous, en ce 13 novembre, faites lui un sourire en la dépassant. Vous n’en serez pas moins un homme. Et vice versa…