«Si pour diverses raisons vous ne pouvez pas entretenir la tombe de l’un de vos proches, nous pouvons vous aider

Entretenir une tombe, empêcher que la pierre tombale ne verdisse, lutter contre les mauvaises herbes, redorer la gravure, remplacer le gravier, retirer les fleurs fanées…. Elles ne sont pas encore très nombreuses, mais depuis quelques années, des sociétés proposent l’entretien et le fleurissement des tombes.

« L’idée m’est venue lors d’un décès dans la famille, explique Modeste De Meulemeester à Tournai. Au cimetière, avec mon fils, nous avons vu quantité de tombes en mauvais état. Nous nous sommes dit  : “Pourquoi ne pas proposer aux gens de les leur nettoyer ?” »

Il a donc créé Net Tombes à Tournai, une entreprise dont il a fait une activité complémentaire. «Je n’étais pas du tout dans le secteur du nettoyage, moi je suis routier, et mon épouse éducatrice ».

Il s’est lancé avec l’aide de son fils et a appris «sur le terrain». C’était il y a cinq ans. La première année : cinq clients! « Forcément, on ne peut pas en vivre ».

Mais l’idée intéresse puisqu’à présent Modeste De Meulemeester s’occupe de 80 tombes, dans la région de Tournai. «Malgré tout, ce n’est pas un travail à temps plein. Nous ne sommes pas sollicités toute l’année.»

C’est presque un travail saisonnier : « il y a deux temps forts : autour de la fête des mères et de la fête des pères. Et évidemment avant la Toussant ».

Deux pics pour une activité qui au départ subissait des réticences : «Au départ, les gens étaient choqués de ce que nous proposions. Avant d’en voir l’aspect pratique. Dans nos clients, beaucoup de gens habitent loin de Tournai. Ou d’autres sont trop âgés pour assurer le nettoyage eux-mêmes ».

« Nettoyer à la brosse… Pas deux fois »

La société Net Tombes a su s’équiper : «Nettoyer à la brosse de fer et ne même pas arriver, au bout de quelques heures, à ce que ce soit vraiment propre, moi, je ne le ferais pas deux fois ».

Modeste De Meulemeester travaille donc avec un karcher et des produits spécifiques, selon que la tombe est en pierre, en marbre ou en granit. «Ne pas oublier que dans les cimetières, nous ne pouvons utiliser l’eau de l’endroit et qu’il n’y a pas d’électricité ».

Il faut donc venir avec une citerne et un groupe électrogène. Et au préalable avoir obtenu les autorisations communales permettant d’accéder au cimetière avec du matériel : « Évidemment, ça trouble la quiétude des lieux, mais nous essayons d’être discrets ».

Pendant la semaine de Toussaint, l’accès aux cimetières avec le matériel n’est d’ailleurs plus autorisé : « Jusqu’à ce mardi on peut faire du nettoyage manuel, et apporter les fleurs».

Une dimension humaine

À force de fréquenter les cimetières, les De Meulemeester ont donné aux allées des noms de rues, pour se repérer : «On a l’allée des mémères, car les tombes y sont vraiment très vieilles. Ou la rue de la colonne cassée…».

Ils apprécient la dimension humaine de leur travail : «C’est un contact riche. Nous nettoyons les tombes, certes, mais en même temps nous sommes au cœur de l’intimité d’une personne ou d’une famille ».

Détail pratique : sur son site internet, Net Tombes publie deux photos de chacune des tombes dont elle s’occupe : avant le nettoyage et… après!