Ipalle dispose à présent d’une deuxième dalle de compostage, après celle de Thumaide (capacité : 12 000 tonnes/an) et avant celle de Templeuve, comptent bien les gestionnaires de l’intercommunale, son président Paul-Olivier Delannois en tête.

Le site athois du chemin des Peupliers a été doté d’un bâtiment de 1 900 mètres carrés et d’une «dalle» extérieure de 5 500 mètres carrés.

«La dalle de compostage de Thumaide fonctionne depuis 1993» rappelle Alain Lefèvre (directeur des centres d’exploitation). «Au début, on a fait un peu de compostage avec les végétaux venant des ordures ménagères; cela ne fonctionnait pas et c’est ainsi qu’on a créé la dalle de compostage pour récupérer les déchets verts venant des parcs à conteneurs.»

«La dalle de Thumaide a été réaménagée voilà deux ans» poursuit-il. «On a couvert toute la zone de stockage parce qu’il y avait, à un moment donné, des soucis d’odeurs pour des riverains, du moins le redoutions-nous. Nous avons donc tout couvert; le processus qui a été conçu à Ath pour la désodorisation des déchets verts est exactement la même que celle qui a été mise en place à Thumaide où elle a fait ses preuves.»

Biofiltre

«Cette désodorisation est effectuée à partir de la mise en dépression de l’intérieur du bâtiment; on aspire l’air qui se trouve à l’intérieur du hall et on le fait passer dans un bio-filtre (NDLR : un «tapis» situé à l’extérieur, composé d’écorces et de copeaux de bois notamment) qui va reprendre les odeurs et laisser passer l’air. Ce système a été testé sur Thumaide et nous en sommes très contents car nous sommes bien en deçà de ce que nous avait promis le sous-traitant.»

«À Thumaide, nous traitons douze mille tonnes de déchets verts par an et à Ath, nous parlons de dix mille tonnes. Dans ces implantations à Thumaide, à Ath et dans celle projetée à Templeuve, nous essayons d’y répartir les déchets provenant des différents parcs à conteneurs du Hainaut occidental. Dans un conteneur avec des déchets verts, il y a énormément de vide puisqu’il contient à peine deux tonnes; tous les frais sont liés au déplacement du produit et nous essayons donc d’être le plus près possible de la dalle de compostage afin de réduire ces déplacements, donc les coûts et l’impact environnemental du transport.»

«Ipalle dispose de 21 parcs à conteneurs où les gens peuvent déposer des déchets verts, provenant de travaux d’élagages, de la tonte de pelouses notamment, ou encore des déchets organiques.»

«À Ath, il est prévu de fournir le compost obtenu aux agriculteurs, lesquels peuvent l’utiliser comme amendement sur les champs» souligne Alain Lefèvre. «À Thumaide, nous faisons du compost qui est ensaché via l’atelier protégé de Blicquy, afin d’être mis en vente dans les parcs à conteneurs.»

La dalle athoise pourrait-elle constituer un exemple pour «rassurer» les riverains de Templeuve? «Oui peut-être. Nous l’avons déjà fait avec Thumaide… Il faut bien insister sur le fait que l’objectif est de transformer le déchet vert en compost et non en quelque chose qui pourrit… »

En vingt semaines

 

Deux personnes vont être chargées de l’exploitation de la dalle de compostage d’Ath qui fonctionne donc selon le même principe que celui mis en place à Thumaide.

Les végétaux sont d’abord broyés.

Ils sont ensuite stockés et mélangés dans le même bâtiment.

Dès la 2e?semaine, ils sont disposés dans une cellule où ils sont aspergés quotidiennement : durée : trois semaines.

Dans la 4e?semaine, ils sont transférés vers une cellule extérieure fermée sur trois côtés (phase 2 de la fermentation). Chaque cellule est équipée d’un système d’aération qui accélère le processus de compostage.

La 7e?semaine, le produit obtenu est déplacé, retourné et mis en tas sur une dalle de maturation à l’air libre.

Pendant la 13e semaine, le produit est tamisé.

Il est évacué et commercialisé dans le courant la 19e semaine.