Valérie Trierweiler a fait ses premiers pas, chaussée de très hauts talons, sur la scène internationale samedi à Washington, à l’occasion d’une visite et d’un déjeuner à la Maison Blanche offerts par Michelle Obama aux épouses des dirigeants du G8.

La compagne du président français François Hollande --robe portefeuille noire, hauts talons noirs, sac à main beige-- a eu droit avec les autres femmes de dirigeants à une visite de l’East Room de la Maison Blanche, conduite par l’épouse du président américain Barack Obama.

Les Premières dames, dont la Canadienne Laureen Harper, la Japonaise Hitomi Noda et l’Italienne Elsa Antonioli Monti, ont ensuite partagé un déjeuner avec au menu poisson du Maryland, légumes du potager de la Maison Blanche, sorbet à la clémentine et fraises de Virginie.

Joachim Sauer, époux de la chancelière allemande Angela Merkel, était absent.

Les dirigeants des huit pays les plus industrialisés sont réunis depuis vendredi soir à Camp David, dans le Maryland (est).

Dimanche à Chicago (Illinois, nord), où se tient un sommet de l’Otan, la compagne de M. Hollande visitera avec Mme Obama le lycée Gary Comer College, puis assistera à un dîner offert par l’épouse du président américain au musée Art Institute of Chicago. Le lendemain, elle se rendra au Lycée français de Chicago.

La Maison Blanche avait fait savoir qu’il n’y avait pas de problème de protocole pour accueillir la compagne du nouveau président français.

Incontestablement française

La journaliste française, qualifiée de « futée et talentueuse », attire l’attention des médias aux Etats-Unis. Deux fois divorcée et mère de trois enfants, est chic, élégante, ressemble à Lauren Bacall ou Katharine Hepburn.

Elle est aussi indépendante, femme de tête, experte en politique et conseil de son compagnon, disent-ils sans omettre le sobriquet de « Rottweiler », dont l’avait notamment affublée le député UMP Lionnel Luca, déclenchant une avalanche de critiques. Bref, comme le résumait le Huffington Post, « incontestablement française ».

« Sacre bleu ! », lançait vendredi USA Today.

La presse américaine s’est jetée sur son dictionnaire de synonymes. Valérie Trierweiler est devenue au choix « girlfriend » pour CNN, « spouse », « partner », « companion » (conjointe, compagne) pour les autres.

« A mon avis, la plupart des Américains acceptent cette relation parce qu’elle fait partie de la façon particulière de vivre des Français », a ajouté à l’AFP William Galston, expert en politique et philosophie sociale à l’Institut de recherches Brookings.

« Nous sommes nombreux à ne pas avoir oublié le remarquable tableau de famille des obsèques du président Mitterrand », dit-il, en rappelant l’image des familles légitime et illégitime de l’ancien président socialiste, souvent évoqué par la presse américaine, tout comme les divorces de Nicolas Sarkozy.

Les « Américains acceptent des présidents divorcés (Ronald Reagan, NDLR), je ne pense pas qu’ils éliraient un président qui ne soit pas marié à son ami(e), mais cela peut changer, bien sûr », dit-il.

La « France est un pays très différent du nôtre quand il s’agit d’amour, de mariage et de politique », affirmait récemment le présentateur vedette de NBC Brian Williams.

« Salut les Français! et la plupart des Européens. Ils comprennent et respectent le besoin de vie privée, pas comme beaucoup d’Américains », lançait jeudi le blogueur Peter sur le site du New York Times.