Qui dit cours d’université pense à un amphithéâtre où un professeur, seul devant une centaine d’étudiants, dispense son savoir. Si cette image est bien réelle, les universités ne restent cependant pas aveugles aux nouvelles technologies.
L’UCL, avant une après-midi présentant son offre de masters (ce mercredi 28 mars à l’Aula Magna, de 15 h 30 à 19 h 30), le deuxième cycle d’études, a présenté trois expériences d’e-learning, soit d’apprentissage à distance.
1. Vu sur le web Filmer un cours et le diffuser sur le web : au départ Francis Zech, le doyen de la faculté de médecine de l’UCL, n’y était pas favorable. Mais vu l’abondance d’étudiants en première master en médecine (la quatrième année d’étude), 360 pour un auditoire de 200, il a été décidé de non seulement retransmettre en direct le cours dans l’auditoire d’à côté mais aussi de le « podcaster » sur le web.
« Le résultat de cette expérience est enthousiasmant, assure Francis Zech, qui a revu son jugement.Car les étudiants ne désertent pas les auditoires et ils consultent, via le web, les cours. En moyenne deux fois par cours et par étudiant. »
Le doyen explique que les étudiants sont plus à l’aise lors des cours ressentant moins de stress vis-à-vis de leur prise de note. « Ils ressortent du cours avec une meilleure vision de ce qui était essentiel. »
2. Depuis les USA C’est depuis la Pennsylvanie, aux États-Unis, qu’Emmanuelle Rassart a donné son cours de stratégies de communication orale en entreprise. Elle a créé 7 capsules web avec des powerpoints commentés, des vidéos… « Tout est très scénarisé, commente Emmanuelle Rassart. L’agenda est clair tout comme les objectifs du cours. Il faut aussi aller droit au but, trouver directement le mot juste. Les étudiants apprécient, eux, ce côté clair et structuré ainsi que de pouvoir gérer leur temps comme ils le souhaitent. »
De retour en Belgique, Emmanuelle Rassart continue de donner ce cours à distance. Même si elle confie qu’elle ne pourrait pas enseigner uniquement via le web.
3. En lien avec Montréal Si les étudiants sont habitués aux nouvelles technologies, une fois qu’il s’agit de les utiliser pour exécuter un travail de groupe avec des étudiants québécois, c’est autre chose. C’est ce que certains ont appris au cours de François Lambotte, professeur à l’institut de langage et communication de l’UCL.
Ce dernier a écrit, via skype qui permet notamment des appels vidéo sur Internet, un ouvrage avec un confrère du Québec. D’où l’idée de réunir leurs étudiants pour un travail commun.
« Des décalages sont apparus : temporel (avec le décalage horaire), organisationnel (car la manière de travailler est différente, en forçant un peu le trait, on peut dire que les Québécois sont plus procéduriers tandis que les étudiants Belges travaillent forts mais en dernière minute), culturel ou encore communicationnel. Ceux qui n’ont utilisé que les mails sont vite arrivés à des malentendus. Il est donc nécessaire de passer par des outils permettant une discussion simultanée », indique le professeur François Lambotte.
Et ce dernier de conclure : « Même si on parle de travail à distance, il faut mettre l’humain au centre pour que le groupe soit efficace. »¦