Armand Scaillet, 79 ans, a « bredouillé » des aveux sur deux chaînes nationales. Oui, il s’est passé quelque chose avec deux garçons. Inculpé de faits de mœurs (tentatives de viol et attentats à la pudeur), l’ancien prof de latin et de grec a annoncé son départ de Dinant, sa retraite dans un couvent. La procédure judiciaire à peine engagée, tout semble dit. Sauf que le parquet semble soupçonner qu’il pourrait exister d’autres victimes. Interpellé il y a quelques jours, le Dinantais est passé à deux doigts de l’incarcération. Dans le cadre de la loi Salduz, il a fait appel à l’avocat de garde, qui l’a accompagné jusque dans le bureau du juge d’instruction et s’est battu de longues heures pour lui éviter la détention préventive.
Voilà ce que l’on sait actuellement. Ni plus, ni moins. On sait aussi qu’il y aurait deux plaignants. Tous ceux qui ont connu Armand Scaillet, de près ou de loin, ne comprennent pas le dérapage. Le contexte se plaidera plus tard. En attendant les explications sur ce qui s’est passé dans les années nonante, l’émoi se mêle à l’incompréhension, car on parle de quelqu’un qui faisait l’unanimité parmi des générations d’élèves du collège Notre-Dame de Bellevue, parmi ses collègues etc. Rarement une affaire aura causé autant de vagues à Dinant, vu la personnalité de l’inculpé, les infos diffusées ces dernières heures causant un profond malaise.
Le frère de l’accusateur accuse
Dans le flot des réactions, on retiendra celle du frère du principal accusateur, postée sur le réseau social « Facebook ». Il n’attaque pas l’enseignant retraité. Bien au contraire, il le défend. Il s’en prend à celui qu’il qualifie de « pseudo-victime ». Il faut savoir que le plaignant est le fils d’un ancien collègue de travail et ami d’Armand Scaillet, les faits allégués ne se seraient pas passés au collège, mais dans le cadre de ces relations amicales. En substance, dans sa littérature sur le Net, accessible à ses amis Facebook, le frangin de l’accusateur explique que ce dernier n’aurait eu de cesse « d’exciter » le professeur, veuf depuis de longues années et dit-il, désormais attiré par les hommes. Il était mineur ? « Il était suffisamment grand pour savoir ce qu’il faisait ». Et de poursuivre sur ce ton : «La deuxième pseudo-victime ne peut être qu’un ami ou une connaissance de mon frère ». Frère qui sortirait de prison avec des velléités de vengeance sur sa famille, les amis de sa famille, lit-on dans le « post ». Sur Facebook, il est aussi question de chantage sur Armand Scaillet, jusqu’à ce que le vieux prof « dise stop».
Quelle est la part de vérité dans ce texte posté sur un réseau social, et qui a beaucoup circulé ces dernières heures de messagerie en messagerie, notamment au collège des hauteurs de Dinant ? Impossible de répondre, alors que l’instruction ne fait que commencer. Cela ajoute à une certaine « ambiance ». ¦