Dans ce pays déjà à terre avant le séisme, la mobilisation pour porter secours aux victimes fut massive et rapide. Le Consortium belge pour les Situations d’Urgences a récolté un total de 25 886 356 euros lors de l’opération « Haïti Lavi 12-12 » et la Croix Rouge de Belgique la somme de 6,44 millions d’euros, grâce à laquelle elle a finalisé la construction de 600 logements antisismiques.

Mais deux ans plus tard, l’assistance des ONG et de l’Onu demeure vitale. Trois millions d’hommes, de femmes et d’enfants dépendent toujours de la solidarité internationale pour obtenir des biens de première nécessité.

« Les progrès sont lents », reconnaît le Consortium, qui réunit Caritas International, Handicap International, Médecins du Monde, Oxfam-Solidarité et Unicef Belgique. « De petites avancées sont sapées par les défaillances et les retards sont importants. Bien que 2011 a vu l’installation d’un nouveau gouvernement et l’adoption d’un budget, la population fait toujours face aux nombreux défis que le pays doit relever et les cicatrices de la catastrophe sont encore visibles sur l’infrastructure, les installations et le système social ».

Aujourd’hui, plus de 519 000 Haïtiens, selon l’Organisation internationale pour les migrations, vivent encore dans des tentes et sous des bâches dans 758 camps, principalement à Port-au-Prince et ses environs. La situation commence néanmoins à s’améliorer puisqu’ils étaient encore 1,5 million en juillet.

« Rares sont les Haïtiens qui peuvent accéder aux services de base et une grande partie de la main-d’œuvre est soit au chômage soit sous-employée », constate Oxfam. « 45 % de la population est confrontée à l’insécurité alimentaire et les élections, suivies d’une impasse politique entre le nouveau président et le parlement, ont entravé les progrès de la reconstruction », explique l’organisation.

Par ailleurs, cinq millions de m3 de débris, soit la moitié des décombres, jonchent encore les rues.

Le choléra fait des ravages

Un désastre succédant à un autre, une épidémie de choléra a éclaté en octobre 2010. Selon MSF, plus de 500 000 Haïtiens ont été contaminés et plus de 7 000 sont décédés. L’ONG, qui a consacré 45 millions de dollars en 2011 pour lutter contre l’épidémie, recense chaque jour de nouveaux cas.

MSF s’inquiète aussi du manque d’hôpitaux à Port-au-Prince, où seulement quatre centres sont accessibles gratuitement. En province, la situation est pire, s’alarme MSF.

Confronté à une pauvreté et un sous-développement chroniques, l’État haïtien ne sera pas capable avant longtemps de répondre aux besoins essentiels de sa population, dont deux tiers vit sous le seuil de pauvreté. Deux ans après la catastrophe, Haïti vit toujours dans l’urgence humanitaire.¦

C.D.