On connaît le Marc Uyttendaele avocat, le personnage médiatique et, il y a trois ans, les téléspectateurs de la RTBF découvraient le Marc Uyttendaele scénariste avec À tort ou à raison. La série judiciaire inspirée de faits réels revient sur La Une avec ses comédiens belges fétiches. Pour l’avocat, cette série remplit un besoin viscéral d’écriture.

«À tort ou à raison c’est tout d’abord l’envie d’écrire. Je suis un privilégié, j’ai une vie pleine mais au cœur de tout, il y a l’écriture même si j’avais les plus grands doutes sur ma capacité d’imagination. J’ai trouvé ce petit créneau qui me permet de me servir de ce que je vis au quotidien dans ma vie professionnelle pour construire une histoire. »

Évidemment Marc Uyttendaele n’est pas tout seul pour écrire les épisodes d’À tort ou à raison. « Je travaille avec des scénaristes qui, à partir de ce que je peux lancer comme idées, nourrissent le projet et puis je reviens en fin de parcours pour éviter les écarts non-plausibles. » Un travail plutôt compliqué à gérer tant les scénaristes souhaitent avant tout raconter une histoire avec toute la dimension visuelle et les rebondissements que cela peut impliquer alors que Marc Uyttendaele veut rester conforme avec une réalité souvent peu visuelle voire même franchement statique.

Dans cet épisode (en deux parties), c’est une affaire de pédophilie survenue au collège Saint-Pierre qui sert de toile de fond à l’intrigue. « L’idée de départ c’est de faire de la fiction à partir d’un fait qui a pu marquer l’opinion publique. Mais, pour des raisons de déontologie évidentes, je ne voulais pas utiliser des affaires que j’ai pu traiter ni aller demander à des confrères leurs dossiers. Donc, par définition, je construis une histoire sur base de l’imagination pure mais chaque fois en me demandant ce que cette affaire aurait pu donner. C’est plus gai de travailler comme ça. »

Petites histoires et autres connivences

À tort ou à raison met en scène une juge, un policier, une avocate et un journaliste judiciaire. Tous évoluent dans le même milieu et tous sont reliés par un passé commun. Une situation née de l’imagination des scénaristes mais qui existe réellement comme dans toutes professions. « J’essaie d’éclairer le travail de la police et de la justice. Mais pas sous un angle benêt. J’essaie de montrer la vérité avec ses errances et le fait que les histoires personnelles de chaque acteur du monde judiciaire conditionnent la manière dont il travaille. Il y a des liens entre les individus, ça ne veut pas dire qu’on part en vacances ensemble mais c’est un milieu dans lequel il existe des complicités voire des connivences. »

D’ailleurs, Marc Uyttendaele n’a reçu aucun commentaire de la part de ses pairs. « J’ai plutôt reçu des encouragements de la part d’avocats de terrain. Par contre, ma mère était magistrate. Elle a vu le pilote et elle n’a pas aimé du tout l’image que je donnais du système ! Ça l’a dérangée. Mais d’une certaine manière, quand on dérange c’est qu’on voit juste. »¦

La Une, 20.20