"Je te mettrais bien dans une cage pour que les gens te donnent de l'argent". Ou "petit singe, petit animal des Caraïbes, gentil petit chien, chocolat"...
Les actes et les paroles d'un prof d'éducation physique de Laeken à ses élèves de 9 et 10 ans font froid dans le dos. Ils sont rapportés par La Capitale ce vendredi. Le quotidien informe qu'une lettre de plainte a été adressée à l'école des Magnolias signée par plus de 70 parents. Ceux-ci accusent le professeur incriminé de maltraîtance et de racisme. Leur lettre reprend plusieurs témoignages d'élèves.
Dans cette lettre, on peut notamment lire que le professeur oblige les enfants à s'habiller en un temps record, "sablier en main". Sans quoi il les force à recommencer "jusqu'à 5 ou 10 fois". Il peut aussi les punir en les enfermant dans le vestiaire "avec les lumières éteintes" ou en les laissant poireauter dans le froid. Il interdit la visite aux toilettes, obligeant les élèves à "se faire pipi dessus". Il lui est aussi arrivé de shooter dans les cartables ou les équipements. Enfin, le professeur ne respecte pas l'intimité des petites filles dont il a la charge, se plaçant de leur côté du vestiaire lorsqu'elles se changent.
"Il n'est pas chez les marines"
A ces actes plutôt costauds, il faut ajouter des propos xénophobes. Le professeur a ainsi "plaisanté" avec un élève épuisé en faisant des pompes: "ce n'est pas l'heure de la prière". Il évoque aussi des "crédits banquaires auprès de banques marocaines" ou tient des propos insultants comme "Toi, tu finiras au chômage".
Une réunion a eu lieu entre les parents, le directeur et le professeur, qui reconnaît la plupart des accusations. Mais il invoque souvent l'humour ou "sa manière de faire". A la Ville de Bruxelles, pouvoir organisateur dans cet établissement, on estime selon La Capitale "qu'il s'agit d'un professeur d'une cinquantaine d'années qui utilise des méthodes de la vieille école". Le directeur général de l'inspection publique Charles Huygens assure que "le professeur sera encadré par des inspecteurs: il ne peut pas se comporter comme s'il était chez les marines".