C’était un peu la journée de la jupe. Cette soirée de mariage-là, Rudy s’est présenté en kilt écossais. Sans rien dessous, dit-il, mais uniquement pour conserver la tradition. « Et puis parce qu’on m’a pris la tête, j’ai voulu montrer. » Et Rudy a exhibé son entrejambe. Dans un coin de salle, dit-il. Sauf qu’il a été vu par des mineures. Dans sa plus masculine nudité, on l’aura compris.
Vidéos incestueuses
Le geste est anecdotique mais déplaisant. Surtout parce qu’il conforte un dossier judiciaire déjà lourd : l’homme qui répond aux questions de la présidente du tribunal Marie-Cécile Matagne et ses deux juges assesseurs doit se défendre de plusieurs préventions de viol et d’attentats à la pudeur. Sur la personne de sa fille. Il aura eu des gestes curieux, alors qu’elle dormait. Il l’aura invitée à visionner avec lui un film pornographique. Surtout, les enquêteurs auront retrouvé dans son ordinateur les traces de fichiers vidéo ayant trait à du matériel pédo-pornographique, mais aussi à des fichiers liés à des films traitant de l’inceste.
La défense de monsieur tente de relativiser les choses.
Oui, Rudy était attiré par ces images mettant en scène un père et sa fille, ou un frère et sa sœur. Parce qu’il a été abusé lui-même dans sa jeunesse : cette consommation d’images, dira son avocat, il la considérait comme une démarche presque thérapeutique. Pour comprendre comment on avait déjà pu abuser de lui.
Il y a quatre mois, Rudy avait été condamné à quatre ans de prison ferme, par défaut.
C’est sur opposition à ce jugement que l’homme se représentait hier devant le tribunal, sous les liens du mandat d’arrêt. Depuis, son dossier a avancer. L’unité de psychopathologie légale de Tournai a rendu un avis, disant que le risque de récidive est limité et que le sursis probatoire demandé par la défense n’est pas une ineptie, dès lors que le prévenu se soumet à une guidance psychologique.
Le jugement sera prononcé le 8 décembre prochain.¦