Des associations de riverains se lèvent dans le Nord en France contre l'installation ou l'extension des élevages de porcs. En cause, les projets d'implantation de deux élevages belges d'environ 3.000 et 2.000 bêtes dans les villages de Bambecques et d'Houtkerque, sur la frontière avec la Belgique, ainsi que l'extension d'une porcherie française à Noordpeene, de 500 à 3.000 bêtes.

"L'agriculture est en train de devenir une industrie alors que les villages s'urbanisent à nouveau", résume Edmond Kociszewski, président de DEFI (Défense de l'environnement en Flandre intérieure).

A Houtkerque, un couple a appris en septembre 2009 que des éleveurs belges allaient installer une "porcherie industrielle" à une centaine de mètres de son habitation. Malgré l'avis défavorable de l'enquête publique, le préfet du Nord a donné son aval. DEFI a déposé un recours au tribunal administratif.

"Le volume des exploitations a augmenté ces dernières années", confirme le responsable du service "porcs" de la Chambre d'agriculture du Nord, Jean-Marie Vanvincq. Si le nombre d'éleveurs dans le Nord a pratiquement été divisé par deux entre 1998 et 2006, le nombre de truies par exploitation est passé de 60 à 100. "Mais par rapport à nos voisins belges et néerlandais, ce sont des volumes moyens. Ca n'a rien d'industriel".

La mobilisation pourrait donc s'expliquer par le repeuplement des campagnes, l'arrivée des "néoruraux", sous l'impulsion de communes en mal d'argent et de citadins fuyant les centres urbains. La population rurale du Nord a augmenté de 2.000 habitants entre 1999 et 2006.

Belga