C’est un bon moyen d’inviter les automobilistes à ralentir naturellement. « Dès cet instant, ils doivent comprendre qu’ils ne sont plus tout seuls sur la route, qu’ils doivent la partager avec d’autres usagers (dits faibles). Nous nous efforçons, d’ailleurs, de protéger ces derniers (piétons, cyclistes ou motards) au maximum, commente Philippe Labbé. Diverses campagnes sont menées dans ce sens. Et, selon moi, le message est souvent trop soft. Je ne dis pas qu’il faut rentrer dans le trash et l’hémoglobine. Mais, montrer la vérité, telle qu’elle est, cela fait souvent davantage réfléchir les gens. Il faut trouver un juste équilibre. »
Le parquet
Faut-il durcir la législation ? « Non, estime le commissaire divisionnaire. Les amendes et le système de perception immédiate sont déjà suffisamment durs. N’oublions pas que nous touchons là au patrimoine des personnes. Elles sont bien punies. En revanche, j’estime que le parquet ne dispose pas toujours des moyens dont il aurait besoin pour faire convenablement son boulot et poursuivre les fautifs. Il faut savoir que la police n’a absolument aucun retour des amendes qui sont payées par les contribuables. Alors, pourquoi ne pas imaginer de renforcer les services de la justice par le biais d’un fonds des amendes pénales qui permettrait, entre autres, d’engager et de payer du personnel supplémentaire ? Il faut renforcer les maillons du système, à tous les niveaux. »
La ceinture
Autre sujet épineux : le port de la ceinture de sécurité. Ici aussi, on multiplie les campagnes de sensibilisation, en utilisant notamment la fameuse voiture-tonneaux. Les contrevenants ont le choix : s’offrir une petite frayeur dans le véhicule tournoyant de la police fédérale… ou payer 50 e d’amende. « Croyez-moi ou non mais certains automobilistes – heureusement ils sont minoritaires ! – optent pour la deuxième solution. Non pas parce qu’ils ont peur… mais parce qu’ils se disent agacés et ne se sentent pas concernés », remarque Philippe Labbé.
Alors, là…