Quelle est votre position concernant les contrôles d’alcoolémie ?
J’estime qu’il ne faut pas les limiter à la seule période des fêtes de fin d’année (même si le risque est plus élevé, à ce moment-là). Il ne faut jamais relâcher l’effort. N’oublions pas que l’alcool et la vitesse sont, de loin, les deux causes principales des accidents mortels. Il est également important de cibler les jeunes au volant (et pas uniquement le soir et week-end). La peur du gendarme doit être permanente. Je vais, sans doute, fâcher certaines personnes mais je pense également qu’il faut intensifier les contrôles, lors des Fêtes de Wallonie : ne pas se cantonner à la corbeille et se poster sur les axes extérieurs (vers Dinant, Gembloux, Andenne, sur l’autoroute…), en demandant – pourquoi pas ? – la collaboration d’autres zones de police. Ce partenariat serait d’autant plus efficace que la majorité de notre personnel est, bien entendu, appelée à assurer la sécurité sur le site, durant ce week-end festif. Il en va aussi, et surtout, de notre crédibilité.
Dans ce sondage, la population namuroise (par rapport aux habitants de cités plus « chaudes ») se dit globalement satisfaite des services rendus par la police locale. Qu’en pensez-vous ?
Il ne faut jamais tirer de conclusions trop hâtives, par rapport à ce genre de questionnaire. Les réponses sont souvent subjectives. On est d’accord pour que les contrôles (de vitesse ou d’alcoolémie) soient intensifiés… à condition de ne pas être pris en infraction ! Quand le policier aide la population (en réglant, par exemple, des faits de violence), il est apprécié. En revanche, quand il verbalise, son intervention est très mal perçue… Les gens se plaignent, par exemple, quand des voitures mal garées entravent la circulation. Ils nous appellent à la rescousse. Mais, quand c’est sur leur pare-brise qu’il découvre un PV, le ton n’est plus du tout le même… Idem pour les contrôles d’alcoolémie. Quand un chauffard ivre tue un gosse, c’est que la police a mal fait son boulot. Mais, si un brave père de famille est positif, après avoir bu juste un petit verre de trop, nous sommes des emmerdeurs. C’est, tout simplement, de l’incivisme, de l’égoïsme.
Un souhait particulier ?
Je crois que nous devons être plus visibles encore, en augmentant (à l’exemple des Français) notre présence sur les routes. Dès que les automobilistes nous aperçoivent, ils sont plus attentifs. Évidemment, je suis bien conscient que cela dépend aussi d’impératifs budgétaires.
Philippe LABBÉ, commissaire divisionnaire