La présence massive des opposants au projet d'une porcherie à Cielle n'y a rien changé. Les discours des membres de la minorité non plus. Comme prévu, le conseil communal rochois a voté, mardi soir, la vente d'un terrain sis à Cielle à M. Gillet. Ce terrain d'une superficie de quelque 4h60 est destiné à accueillir une porcherie industrielle (1200 porcs) à Cielle. Il est vendu au prix de 5000 € l'ha, selon l'estimation délivrée par le notaire rochois, Étienne Paul.

La décision est prise par sept voix (majorité) contre six (minorité) et une abstention, Bénédicte Defays. Cette dernière, membre de la majorité, clôturera ce long débat par cette explication : «Mon vote n'était pas déterminant, souligne-t-elle, faisant allusion à l'absence d'une conseillère de la minorité, Valérie Julien. Il n'empêche que je remercie mon groupe de m'avoir permis de m'abstenir. Personnellement, je ne vois pas d'un bon oeil l'arrivée d'une porcherie.»

La messe est dite. Deux représentants des opposants au projet s'approchent des élus. «Pour vous remercier à notre façon, Monsieur le bourgmestre, nous tenons à vous attribuer le prix de la Surdité», dit le premier.

Le second, lui, procède à la distribution d'oreilles de... cochon.

Avant cela, Jean-Luc Pierre (min., Ensemble) a fait part de ses «états d'âme», soulignant que le bourgmestre, dans ces affaires de porcherie, «souffle le chaud et le froid». Et le conseiller de terminer par une incantation : «Faites preuve de courage! Votez contre», lâche-t-il à l'adresse du mayeur.

«Du porc et du boeuf, mais pas industriellement»

Victor Forgeur (min. Renouveau) parle, lui, des droits et des devoirs des agriculteurs, mais aussi des villageois. «Je suis pour le respect de l'agriculture. Tout le monde a le droit d'essayer de s'en sortir. Mais moi, ce qui me fait mal, c'est l'ampleur du projet. Et puis nos agriculteurs sont en train de devenir les ouvriers de grosses sociétés flamandes. Ça me fait mal. Faisons du porc et du boeuf, mais raisonnablement. Et tant pis, si ça sent mauvais. Tout sent mauvais», répète-t-il à l'adresse des opposants au projet.

Nicolas Dalaidenne (min. Ensemble) se glisse lui aussi dans le débat. Il juge le prix proposé trop peu élevé, mais subit les foudres mayorales quand il déclare que la commune a déjà procédé au raccordement électrique du site.

«Faux, réplique le mayeur. C'est l'agriculteur qui a réglé la note.» Le jeune conseiller s'en tirera avec des excuses.

Jean-Luc Pierre en remet une couche. Il fait état d'une vente récente de terrains à des prix nettement plus élevés : 12 000 €/ha.

Jean-Pierre Dardenne lui rappelle que l'estimation a été dressée par un notaire rochois et invite les membres à se prononcer sur la vente. On connaît le résultat.