Le bourgmestre Jacques Etienne l'avait annoncé : il le fait. La Ville de Namur assigne le ministre de l'intérieur Patrick Dewael. Pourquoi? Parce que celui-ci ne supporte pas intégralement, ainsi que la loi le prévoit, les frais de fonctionnement de la centrale 100 de la province de Namur.

La fusée de secours de Jacques Étienne

Petit rappel du dossier. Nous sommes en novembre 2007. Jacques Etienne adresse un courrier diplomatique au ministre de l'intérieur. Expliquant que Namur finance partiellement la centrale 100 de la province, ce à quoi elle n'est légalement pas tenue. Jacques Étienne demande donc à ce moment à Patrick Dewael de ne plus reporter le coût de fonctionnement du centre sur les communes, et de prendre ses responsabilités.

Il s'appuie pour se faire sur des textes légaux : la loi fédérale prévoit de fait que les frais d'installation et de fonctionnement d'un système d'appel unifié - ce que l'on appelle la centrale 100 - sont à charge de l'État.

Question : Pourquoi donc Namur débloque-t-elle des budgets ? Simplement parce que les subsides fédéraux ne sont pas adaptés aux réalités de terrain. En novembre, dans ces colonnes, nous interpellions les pompiers de Namur et plus précisément le responsable du centre 100 le lieutenant Michel Doppagne: «La centrale 100 de Namur représente 20 opérateurs. Nous fonctionnons avec trois centralistes en permanence, ce qui n'est pas du luxe puisqu'il est fréquent de recevoir deux appels simultanés et qu'un troisième opérateur doit être disponible pour diriger les secours. »

La réalité de terrain est différente, qui n'est pas couverte financièrement par les obligations fédérales : le ministère de l'intérieur ne subsidie que 15 des 20 personnes actives au centre. La Ville, dont la sécurité des citoyens est une mission fondamentale et non discutable, doit donc éponger l'ardoise pour couvrir les frais salariaux des cinq autres opérateurs, plus ceux liés à leurs prestations nocturnes et dominicales, non pris en compte par le fédéral.

La torpille de Maxime Prévot

Le député fédéral Maxime Prévot interpellait alors le ministre Dewael. Qui sortait enfin du bois.

C'est le soir de la Sainte-Barbe des pompiers que la (fausse) bonne nouvelle filtrait : «Dewael a dit oui : il finance». Sauf que. Dewael, dans sa réponse confirmant le texte de loi, disait précisément ceci : «Dans le futur, le coût des préposés des actuels centres d'appel sera pris intégralement en charge par l'État fédéral.»

Ce soir-là, le bourgmestre Jacques Etienne et le commandant des pompiers Jean-Pol Charlier posaient de concert la question qui tue : oui, le ministre dit qu'il financera. Mais quand? On se rappellera qu'à cet instant, le gouvernement était en affaires courantes. Dont incapable de traduire une décision ministérielle en arrêtés d'exécution. Ce n'est toujours pas fait.

Namur dégaine donc légitimement. Le lieutenant Doppagne nous indiquait hier que, dans la foulée, les villes de Liège et de Mons pourraient suivre.