Voici une dizaine de jours, ils déclenchaient l'hilarité générale lors de différents sketches à la traditionnelle soirée des princes du carnaval rochois. Ce soir, dans la salle du conseil communal, l'ambiance risque d'être nettement moins à la rigolade. Les cochons reviennent en effet à la table des élus rochois avec la vente d'un terrain communal à l'éleveur qui s'est vu, récemment, octroyer son permis d'exploitation à Cielle.
Le terrain d'une superficie de quelque 4 ha 60 devrait être vendu au prix de 5000 €/ha.
« C'est une décision qui est connue de tous, explique le bourgmestre Jean-Pierre Dardenne (MR).
Notre objectif a toujours consisté à éloigner la porcherie au maximum du village. M. Gillet, l'éleveur, ne possédait pas de terrain répondant à cette priorité.
» C'est la raison pour laquelle dès le début des négociations, nous avons mis ce terrain en avant. On l'a aussi fait expertiser par un notaire et c'est ce prix qui sera proposé ce mardi au conseil », poursuit le mayeur rochois.
Mais voilà.
Avant même que les élus ne se prononcent, l'ASBL Pro Arduina Nostra, qui regroupe les opposants aux divers projets de porcheries qui ont fleuri ces derniers temps dans la région, a dégainé.
Dans un toutes-boîtes adressé hier à la population rochoise, l'ASBL revient sur les derniers éléments du dossier de Cielle, à savoir le feu vert ministériel.
Dans cette publication, c'est toutefois la majorité communale et le collège qui en prennent pour leur grade.
Il leur est ainsi reproché d'avoir fait preuve d'aveuglement, à la différence des exécutifs communaux voisins.
Et les responsables de l'ASBL de rappeler que 85 recours ont pourtant été introduits, que le site est bordé par des massifs forestiers ou encore que l'on a complètement occulté la problématique du Parc naturel des Deux Ourthe.
La pression sur GilloteauxMais les signataires vont aussi plus loin. D'abord en stigmatisant le prix retenu pour la vente du terrain, « un prix d'ami », lâchent-ils.
Et puis surtout en mettant sur le gril l'un des membres du collège rochois, qui plus est patron de la maison de tourisme du Pays de La Roche - Houffalize, Guy Gilloteaux.
Ce dernier, lors de la précédente réunion du conseil, alors qu'il intervenait sur un second dossier de porcherie (Petit-Halleux), avait alors demandé à ce que « l'on stoppe tout » si le ministre Antoine ne prenait pas en compte certaines exigences du collège échevinal. Ces exigences concernaient notamment l'épandage du lisier. Or, elles ne figurent pas dans le permis...
L'ASBL interpelle dès lors l'échevin, fait appel à « sa conscience personnelle » et l'invite à avoir « un sursaut » en s'opposant ce soir à la vente du terrain destiné à accueillir la porcherie.
Il y a donc gros à parier que la salle du conseil affichera comble ce soir à La Roche. Difficile toutefois de croire en un revirement dans ce dossier qui empoisonne l'ambiance depuis des mois. Une certitude toutefois, la minorité ne réunira qu'un maximum de six présences (face aux huit élus de la majorité), Valérie Julien étant à l'étranger.