Le Hoyoux est connu pour être la rivière la plus rapide de Belgique. D'autres l'avaient compris au 19e siècle. Une centaine de roues hydroélectriques profitaient de cette énergie.

Aujourd'hui, Serge Devetter, habitant dans le fond du Fourneau à Marchin, pourrait ressusciter ce riche passé industriel. Son projet, déjà bien abouti, a pour objectif de réinstaller une turbine hydroélectriquye dans le fond de son jardin, là où coule le Hoyoux. L'énergie qui serait produite par la machine sera de 340 Mwh, soit l'équivalent de la consommation moyenne de 95 ménages. « Cela permettrait aussi d'économiser 160 tonnes de CO2. » Montant de l'investissement : 250 000 € amortis en 10 ans. « Avec les certificats verts et les aides de la Région, cela permet de monter des projets sans s'endetter pendant 40 ans. »

Autour de l'ancienne papeterie où Serge Devetter a élu domicile, les témoignages du passé sont nombreux. L'ancien bief est toujours bien visible et la place de la turbine a été dégagée. Son projet n'envisage pas de dévier le Hoyoux par le bief. « Ce serait trop coûteux. En évitant le bief, on aura moins de travaux de génie civil. » Sur les 12 mètres de large du cours d'eau, un avancement de 2,5 mètres suffirait pour aménager l'installation hydroélectrique.

Encore retravailler les plans

Avant de se lancer pleinement dans les travaux, Serge Devetter doit encore régler quelques tracasseries d'ordre administratif. « On doit retravailler les plans. Le Hoyoux est une rivière sensible qui a d'autres intérêts que la production d'électricité. Il faut trouver un compromis entre l'activité humaine et le respect de l'environnement. » Pour le bon fonctionnement de la turbine, une chute de 4 à 4,7 mètres est nécessaire. « On envisage de remonter le barrage. » Mais cet aménagement comportait un risque : celui de noyer le travertin situé 160 mètres en amont. « On va donc faire un barrage un peu moins haut. »

Une semelle de béton devra être coulée sur la partie du lit (2,5 m) nécessaire à l'aménagement. « Le bâtiment qui accueillera les équipements sera assez petit. Il doit juste accueillir la machine et les compteurs électriques. »

D'autres projets dans la commune ?

Dans le cadre du plan PALME, le Plan d'Actions Locales pour la Maîtrise de l'Énergie, la commune de Marchin avait fait répertorier les sites potentiellement intéressants, qu'ils soient publics ou privés. Environ 10 sites ont été identifiés, dont celui de Serge Devetter qui a ainsi pu bénéficier de l'analyse et des conclusions des experts. Une belle opportunité que souligne le bourgmestre. « L'investissement est valable environ 80 ans et est rentable après 10 ans. »

Si la commune a encouragé les initiatives privées, elle se dit prête aussi à franchir le cap. Deux projets sont à l'étude. Un avant-projet est en cours de réalisation au niveau du filtre du site Godin. Le second, cantonné à la réflexion, est sur le Triffoy, sur le site d'un captage de la CILE.