Lorsque vous êtes sur la route à la sortie de Beaumont, en direction de Leugnies, après la côte du Falin, si vous regardez vers la droite, vous apercevrez une immense bâtisse blottie dans les bois : c'est le château Devèze. En octobre 1929, Colette Devèze a posé la première pierre de ce château offert par son père Albert, à l'époque ministre de la Défense nationale.

Il semble qu'elle soit morte en couches et que son père, dans son chagrin, ait décidé de mettre le domaine en vente.

Le notaire Maillard en fera l'acquisition. Puis M. Willems, séduit par la pente en plein sud, l'achète afin d'y créer un... vignoble.

2001 : le rêve prend corps; le vignoble est planté : 2500 pieds de Pinot noir; 500 pieds de Pinot gris; 1000 pieds d'Auxerrois; 320 pieds de Sirius et 240 pieds d'un autre cépage.

2003: les premières vendanges permettent de vinifier.

2004: M. Willems décède et sa famille décide de remettre le domaine en vente.

2006: il est acheté par M. et Mme Henry de Radzitzky et leurs deux enfants, Charles-Albert et Clotilde. La question se pose alors : que va devenir le vignoble?

Pas viticulteurs ni vignerons pour un sou, les nouveaux propriétaires se renseignent sur l'avenir des pieds et, petit à petit, un projet commence à naître.

Géry de Broqueville, frère de Madame, s'investit depuis près de 25 ans dans la coopération Nord-Sud au travers de l'ASBL ASMAE. Passionné par le vin, il devient «maître de chais» et, Charles-Albert, fils de la maison, est désigné en qualité de «maître de taille». Madame, elle, s'occupera de l'administration.

Quand on parle des vendanges, c'est tout un monde qui s'anime : elles sont un «moment mythique et magique» à la fois mais il n'est jamais possible de fixer longtemps à l'avance les dates. Elles dépendent de la nature et de la maturation du raisin.

L'an dernier, ces vendanges se sont déroulées dans des conditions météo favorables, avec des équipes de bénévoles motivées et enthousiastes.

Pour Charles-Albert, maître de tailles, les pieds ont été formés en cordon Royat (sorte de coude sur lequel viennent pousser cinq coursons, porteurs chacun de deux sarments, porteurs à leur tour chacun d'une grappe). Jusqu'aux vendanges, les tailles «en vert» se vont se succéder.

Géry, lui aussi, est très content : la qualité de la récolte 2007 est excellente. Environ 1800 litres reposent actuellement dans les cuves, soit l'équivalent de 2400 bouteilles, alors qu'à terme la Mazelle espère atteindre entre 5000 et 6000 bouteilles.

Le samedi 8 mars à 10h, le cercle horticole Nature-Loisirs de Beaumont organisera une démonstration pratique sur terrain, pour ses membres, au château de la Mazelle avec pour conférencier Monsieur Sansdrap. On y parlera bien entendu de la taille de la vigne, du framboisier et du groseillier.

Et, maintenant, comme nous le faisait remarquer un bon vieux vigneron français, il nous restera à goûter ce vin si savoureux qui rend fier et joyeux le coeur de l'homme triste.