Depuis qu'ils ont appris, en janvier de l'année dernière, que la société Wust comptait développer un nouveau lotissement à l'entrée de leur village en venant d'Arlon, les Udangeois sont terriblement inquiets. Le projet prévoit en effet 129 maisons unifamiliales, auxquelles devraient s'ajouter 49 autres, soit un total de 178 nouvelles bâtisses dans un village qui en compte actuellement 180. Le nouveau quartier Udange-le-Neuf? s'installerait sur une bonne dizaine d'hectares situés entre la route du Hirtzenberg, la rue de Buvange et le Markewee.
«Udange va-t-il perdre son âme?» C'est l'une des nombreuses questions posées par les Udangeois lors d'une réunion d'information organisée en avril 2007 par la Ville d'Arlon à Toernich, le village voisin. C'est aussi la question qui est aujourd'hui l'intitulé d'un document de travail sur lequel les villageois reposeront leur argumentation, demain mercredi soir, à l'hôtel de ville. Officiellement, il s'agit d'une nouvelle séance d'information. Dans les faits, il s'agit d'une réunion de concertation.
Ce sont en effet 230 lettres de réclamation qui sont arrivées à la Ville, l'expression des interrogations de plus de la moitié des électeurs d'Udange. Ces derniers craignent moins le nouveau projet immobilier en tant que tel que son envergure. Le compte est vite fait : Udange compte environ 500 habitants. Le nouveau lotissement en accueillera de 450 à 500. Conclusion : la population du village doublerait d'un coup! Autant dire une invasion.
Peut-on parler là de juste évolution? Pour les Udangeois, non. Trop, c'est trop : le projet tel qu'il a été présenté au printemps dernier est disproportionné et ne peut qu'aboutir à un grave déséquilibre entre les habitants actuels de souche et «néo» et un contingent qui pourrait, en se cantonnant au nouveau lotissement, générer au mieux une cohabitation, au pire une rupture. Certains, à Udange, n'hésitent d'ailleurs pas à comparer le projet Wust au développement du Pannebourg, à Waltzing, qualifié à tort ou à raison de «Beverly Hillspour travailleurs frontaliers».
Mercredi, les détracteurs du projet exposeront point par point les raisons qui leur permettent de douter du bien-fondé d'un projet de cette ampleur, jugé «pharaonique» en regard de la population de l'un des petits villages de la ceinture arlonaise.