Le groupe des jeunes de LST a écrit un livre. Dans «Tague ta vie, tes jours, tes nuits, tague», les jeunes racontent un peu leur vie. Un quotidien difficile.
Ils s'appellent Vanille, Eric, Dominique, Samantha ou encore Frédé ric. Ils font partie du groupe des jeunes de LST (Luttes Solidarités Travail), un mouvement en faveur des populations les plus pauvres. Ce week-end, ils ont présenté l'aboutissement de quatre ans de travail. À savoir le livre «Tague ta vie, tes jours, tes nuits, tague». Cette quarantaine de pages est une fiction. Presque. «Pour écrire notre histoire, nous avons beaucoup parlé de bouts de notre vie et nous les avons remis dans la vie de notre héroïne. En fait, c'est un roman mais c'est aussi notre vie», ont écrit les jeunes.
Et leur vie, comme celle d'Angèle, leur héroïne, n'est pas facile. Souvent issus de familles nombreuses, ils ont peu de moyens pour vivre. Dans le livre, Angèle a choisi de quitter ses parents pour tenter sa chance. Seule. Pour manger, elle chante dans la rue. Elle a un rêve : devenir une grande chanteuse. Preuve que les jeunes de LST ont toujours de l'espoir? Leur histoire se termine bien. Grâce à une rencontre, Angèle voit enfin le bout du tunnel.
Pour arriver à un tel résultat, les jeunes ont travaillé pendant quatre ans. Tout est parti du film «Les enfants du Borinage», de Patrick Jean. «C'est un film très dur où on voit que rien n'a changé. Dans le film, certaines familles vivaient encore sur la terre battue... À chaque fois que nous organisons une activité, nous en parlons. Après le film, tout ce qui sortait de la bouche des jeunes était négatif. Avec l'équipe de préparation de LST, on a décidé d'arrêter et de parler de leurs rêves. Là aussi, beaucoup d'éléments négatifs sont ressortis. Notamment : je ne veux pas avoir une petite maison», explique Cécile Parent, animatrice à LST.
Un livre, un film, une pièce de théâtreElle a alors décidé de créer une histoire fictive. Avec la conteuse Bernadette Malherbe, les jeunes ont trouvé les grandes lignes de leur histoire : Angèle, seule et sans ses parents, aime chanter le jour et taguer la nuit. Elle se retrouve au commissariat de police parce qu'elle a volé un portefeuille. Et là, elle y rencontre une sans-papiers. «Nous avons décortiqué l'histoire et nous avons travaillé sur chaque partie. Le fait qu'Angèle n'ait plus ses parents nous a amenés à travailler sur notre arbre généalogique. Nous avons également rencontré un commissaire de police. Et surtout, nous avons rendu visite aux mineurs non-accompagnés du centre de Jodoigne. Ils nous ont beaucoup aidés pour écrire la dernière partie du livre sur la jeune fille en situation illégale», raconte Cécile Parent.
Le livre «Tague ta vie, tes jours, tes nuits, tague» a également débouché sur un film («Vas-y») et sur une pièce de théâtre («Tic TAGS Boum»). Les jeunes ont présenté leur pièce de théâtre samedi à l'Espace Francis Laloux alors que leur film tournait en boucle. «Tout ce travail s'est clôturé fin 2006. Mais il a fallu du temps avant la sortie du livre. La relecture a pris un an. Nous voulions être certains d'avoir utilisé les bons mots pour traduire correctement les émotions des jeunes», insiste Cécile Parent.
Actuellement, le groupe des jeunes de LST travaille sur d'autres projets. Ils parlent beaucoup de leur famille. Un texte de huit pages a déjà été écrit. Peut-être débouchera-t-il à un livre...
Le livre «Tague ta vie, tes jours, tes nuits, tague» est en vente chez LST (rue Pépin, 27). Prix : 5 euros. 081/22.15.12 ou www.mouvement-LST.org