Nicolas Ragni prend l'accent italien pour jouer Michel-Ange.
La mini-série «Nous ne sommes pas des saints» s’envole sur le net. Construite comme «Caméra Café» ou «Kaamelott», elle peint le quotidien de Dieu, ses archanges, ses saints et ses stars de l’histoire. Son créateur a la tête dans les nuages. Interview.
«Judas? Qu’est-ce que tu veux?» «Oui, bien sûr Dieu. Alors ben, je venais faire le rapport que vous m’avez demandé.» «Quoi? Mais j’ai rien demandé!» «Voilàà, voilàààà. Il se trouve Seigneur qu’aujourd’hui, pendant plus de deux heures, j’ai suivi saint Thomas. Il a joué au sudoku, Seigneur. Deux heures!» «Mais c’est pas possible Judas, hein. Tu peux pas t’empêcher de dénoncer».
Dieu, Adam, Eve, saint Pierre, saint Martin, Judas, Gabriel, Michel-Ange et même saint Glinglin. Tous le panthéon judéo-chrétien se balade dans le loft paradisiaque de «Nous ne sommes pas des saints», imaginé par Nicolas Ragni. «On en a encore quelques-uns sous le coude, prévient le créateur de la série, sur le net depuis trois semaines. Léonard de Vinci est le plus passionné des personnages. Il passe tout son temps à inventer des machines. C’est aussi très intéressant de faire analyser les rêves des personnages par Freud lui-même. Je trouvais en fait que toutes ces références étaient sous-exploitées.»
Saint Pierre dans le loft
«Nous ne sommes pas des saints» naît en 2001 avec un court-métrage. «Il portait le même titre. Je l’ai écrit et réalisé en mettant Dieu et Gabriel en scène. L’ange devait convaincre Dieu de descendre sur Terre et, à la fin, le cadre s’élargissait. On comprenait qu’on était dans un asile.» Ici, pas question d’asile. Ce sont les vrais saints qui se chamaillent dans les nuages, exploitant le thème découvert à l’origine. Au format capsule, popularisé par «Kaamelott», «Un Gars, Une Fille» ou «Caméra Café».
Deux épisodes de la mini-série sont postés sur le site web dédié depuis trois semaine. Et plus de 54.000 visiteurs, rameutés par les MySpace des saints ou le profil Facebook de Dieu lui-même, ont déjà ri aux étourderies de saint Pierre. Un succès qui pourrait permettre à Nicolas Ragni d’envoyer ses créations dans le poste. «On a débuté sur le web car c’est le premier média disponible. Celui qui offre aussi la meilleure visibilité pour d’éventuels producteurs. Nous avons donc autoproduit 2 épisodes en 24h dans un loft décoré en vitesse, pour mettre en vitrine. On espère vraiment passer à la télé. On a quelques pistes. Je réfléchis aussi à un format hebdomadaire de 22 minutes.»
Depuis près de 3 ans, Nicolas Ragni se consacre entièrement à son projet. Acteur, clipeur, réalisateur, auteur, il rejoint ses amis comédiens dans la série sous les traits de Michel-Ange. Pas de crainte que les vannes irrévérencieuses de Dieu envers saint Pierre ne choquent les sensibilités? «Je suis moi même catholique et je pense que mes capsules ne sont pas acides. Ça reste soft. J’ai même d’excellentes réactions des gens d’église. Ils se disent content qu’on parle de la religion de cette façon-là.» Les amateurs de série, eux, seront aux anges.
Julien RENSONNET