C'est le parqueteur de Philippe Candeloro, Dolce et Gabana ou encore de Berlusconi. Patrick Deumer n'est pas celui qui a été se mettre à quatre pattes pour plancher. Non, il est l'inventeur du brevet Vetedy, un parquet en bois massif que l'on emboîte. Un produit prisé à travers le monde. Dans les émirats arabes et ses plus luxueux palaces. Du Mexique à la Russie. Trente pays. Des distributeurs dans toute l'Europe. Reste le Portugal qui n'a pas encore flashé.

Pas un inconnu, l'ingénieux Patrick. La Parqueterie, impossible pour le navetteur de ne pas voir l'armada de camionnettes jaunes et noires à Steinfort.

Ce que l'on sait moins, c'est que le patron possède une autre boîte. Deumer est détendeur d'un clip unique en matériau composite. L'avantage du bidule : un système qui s'adapte à l'indispensable mouvement et travail du bois. Et surtout sans se faire voir.

Il lui aura fallu quatre ans de tracasseries et de paperasses pour valider l'invention, la prochaine cible de Vetedy : le Japon. L'empire du soleil levant débarquera la semaine prochaine à Steinfort. Comme Myriam, ce mercredi, la conseillère technique de l'importateur espagnol, là pour deux jours de formation.

À la briqueterie d'Arlon, Frédéric Van de Wiele n'hésite pas : «Je n'ai pas peur de dire qu'il s'agit du meilleur système sur le marché. Les autres, on voit toujours quelque chose.»

Le terme «parquet de jardin» fait ainsi son trou. «On a trouvé un beau mot, celui qui veut des terrasses haut de gamme appelle à présent son produit ainsi.»

En quoi consiste l'innovation? Les planches de bois rainurées sont clipsées dans ce bout de plastique qui se dilate. Une visseuse, une scie : on va déjà loin pour la pose.

Chinoiseries

Le Luxembourgeois d'adoption s'est résolu à produire ses pièces en Chine : 24 000 fixations à l'année. «Cela était presque 50 % plus cher en France, annonce-t-il. Au début, je croyais qu'il y avait de l'arnaque, j'ai demandé à voir la composition du matériau».

Made in Europe! Comble de la mondialisation, les Chinois viennent s'approvisionner de granulés dans le Benelux. Pour lui, ce serait trop simpliste d'expliquer cela par une main-d'oeuvre bon marché. Pour lui, les marges bénéficiaires européennes sont souvent trop fortes. Toujours illustration de la mondialisation, tout arrive d'Afrique ou d'Asie par Anvers. Le bois est amené par camion : langueté à Steinfort, bientôt à Weyler, pour retourner en palettes à l'autre bout du monde.

Pour continuer à s'exporter, la firme a besoin de place. Elle a trouvé un partenariat avec Idélux. Trop à l'étroit dans ses halls du Grand-Duché, Vetedy arrive dans le zoning de Garisart à la mi-août «si l'urbanisme ne traîne pas!» Le hall devrait toucher des aides à l'investissement.

Peur du développement? «J'étais plus stressé avant. Non, je dors sur mes deux oreilles». Il annonce que les deux sociétés approchent des 6 000 000 de chiffres d'affaires.

Et quand on lui pose la question de faire son beurre sur la déforestation, il répond que malheureusement pour l'extérieur, on n'a pas encore trouvé de bois indigènes durables. Il précise qu'il privilégie les normes strictes «On travaille déjà avec 30 % de bois certifié. On n'est pas fou, le forestier a aussi besoin de bois».