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Guy Verhofstadt a mis son chrono en route. Il veut aboutir vite à «quelque chose». Au 1er janvier, le pays deviendra difficilement gouvernable. Parce que la crise pourrait durer encore longtemps, on imagine de plus en plus un «gouvernement en affaires courantes aux compétences élargies». Une résurrection de Verhofstadt II. L'opération laisse les constitutionalistes perplexes. Ce gouvernement de survie ne pourra se construire que sur un vide juridique. Et pour l'innovation et les projets neufs, il faudra attendre un hypothétique Leterme Ier.

Mission première de ce gouvernent transitoire : rassurer, rassurer et rassurer. Arrêter le compteur de la crise, comme le dit le président du MR, Didier Reynders. Car la crise mine le moral des citoyens et dégrade notre image à l'étranger, comme le dit le président du PS, Elio Di Rupo. Après avoir interrogé des socialistes et des libéraux sur ce qu'ils estimaient être les mesures urgentissimes, voici ce qu'on peut établir.

1. De toute urgence : le budget 2008. Sans quoi l'État sera quasi à l'arrêt et, par exemple, de nombreuses sociétés qui fournissent l'État ne seront plus payées. Pour voter un budget, il faudrait la confiance du Parlement. Ce budget ne pourra donc pas se révéler trop «enthousiasmant». L'opposition ne voudra pas que la violette ressuscitée puisse ramasser des fleurs. Or l'opposition est indispensable à ce vote, ne fût-ce que par son absence au moment du vote.

2. La hausse des produits énergétiques. Particulièrement le mazout de chauffage. On élargirait le fond mazout et offrirait de nouveaux incitants fiscaux pour rénover les habitations.

3. Le revenu des ménages. Il faut restaurer le pouvoir d'achat des gens, tous les partis sont d'accord sur ce point. Les libéraux imaginent mettre en route une réforme fiscale en faveur des moyens et bas revenus. Il s'agit aussi de faire remonter l'indice de confiance des consommateurs. Pour cela, il faut rassurer. La hausse des produits de première nécessité fouette surtout les plus pauvres. On ne peut pas se passer de chauffage ou de pain. Bien de matériel Hi-fi ou de voyage.

Le PS jouera-t-il le jeu? «Oui! Il faut gérer l'État. Même si on n'est pas à la table des négociations, il faut avoir un certain sens de l'État», explique le porte-parole du ministre Donfut en charge de la santé et des affaires européennes.

Côté justice, comme mesure urgente, on souhaite mettre des filets de sécurité anti-hélicoptères au-dessus des prisons. La ministre Onkelinx a déjà mis le point au conseil des ministres. Il y aussi la mise en place, et son coût, des tribunaux d'application des peines. L'informatisation de la justice. Le plan intégré justice/sécurité qui touche à sa fin et doit être rediscuté. Il faut fixer des priorités communes entre policiers et juges. Pour ne pas mettre tous ses moyens sur un type de criminalité qui ne serait pas la priorité des magistrats. Côté santé, le budget Inami a heureusement pu être voté. Mais il manque des arrêtés d'exécution pour permettre le partage des sous.

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