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Dans une interview accordée au Knack, M. De Gucht pointe du doigt Yves Leterme, incapable à ses yeux de rallier sa propre formation à ses vues, et une N-VA dont le discours séparatiste "ne sert pas la cause flamande". "La manière dont a fonctionné la politique ces dernières semaines est affligeante", affirme M. De Gucht, qui souligne l'impact négatif de la crise sur l'image de la Belgique à l'étranger.

"Cette formation d'un gouvernement qui ne vient pas à terme fait passer la Belgique pour un pays incapable de prendre des décisions politiques", souligne-t-il. Il ajoute qu'il faudra beaucoup de temps avant de réparer ce préjudice. L'Open Vld a plaidé dès le début des négociations pour aborder directement les sujets communautaires et BHV, ce qui aurait sans doute conduit au clash, reconnaît-il, mais plus rapidement et pas après 170 jours de crise.

La situation est désormais complexe, car les accords déjà engrangés par l'orange bleue rendent une autre coalition difficilement envisageable, selon lui. Il estime également que la N-VA n'a rien fait pour démentir l'impression de l'opinion publique francophone selon laquelle l'orange bleue négociait avec des gens qui voulaient la fin de la Belgique. Il pointe du doigt également l'échec d'Yves Leterme, qui à deux reprises n'est pas parvenu à rallier sa propre formation politique à ses propositions.

Karel De Gucht estime que le cdH, en "bloquant la situation", est désormais davantage "maître du jeu" (en français dans le texte) que les partis flamands. "Mais à terme, il risque de payer le prix de cette attitude, qui témoigne d'un manque de vision de l'Histoire".

Il rappelle encore que, parce que l'orange bleue ne dispose pas d'une majorité des deux tiers, la N-VA a exigé que toutes les parties impliquées énumèrent, avant toute formation d'un gouvernement, les points sur lesquels elles voulaient un accord. En soi, estime Karel De Gucht, il ne s'agissait pas d'un point de départ déraisonnable. "Mais Bart De Wever et les siens ont détruit cela par leur discours séparatiste. La N-VA ne sert pas la cause flamande", affirme-t-il.