À cô té des mesures prises à l'échelle politique mondiale, la lutte contre le réchauffement climatique s'appuie aussi sur un arsenal de petits gestes pratiqués par les citoyens. Mais ces habitudes de consommation sont encore à acquérir. Dès lors, les actions se multiplient pour tenter de les intégrer au rituel quotidien.

Hier matin, une nouvelle tentative de sensibilisation a eu lieu dans une soixantaine d'écoles wallonnes où l'on s'est attaqué au contenu de la collation. Plusieurs kilos de pommes issues d'une production locale y étaient vendus, avec l'espoir de mettre à mal le monopole des friandises venues de loin, en camion ou en avion : «L'idée, explique Philippe Burgeon, professeur à l'Institut Sainte Marie de Châtelineau, est de privilégier ce qui est produit près de chez nous et qui peut donc nous arriver sans dégagement excessif de monoxyde de carbone, dans l'atmosphère. Pour notre part, nous avons été nous approvisionner à Fleurus, chez un producteur local de pommes et de poires. Par rapport à des fruits importés d'Espagne, il n'y a pas de doutes : nous avons agi en faveur de l'environnement.»

Dans la région, trois établissements ont participé à cette action intitulée «Mangeons une pomme locale». L'IMP de Marchienne-au-Pont, l'Institut Notre-Dame de Fleurus et l'Institut Sainte Marie de Châtelineau. Dans le cas de cette dernière école secondaire, l'initiative est venue se greffer sur tout un programme d'activités que l'établissement proposait déjà à ses élèves. Outre un projet en faveur du commerce équitable, qui a donné lieu à l'ouverture, plusieurs heures par semaine, d'un point de vente Oxfam, l'école s'est engagée cette année sur la voie du développement durable : «Nos élèves qui évoluent dans l'enseignement professionnel aiment s'engager dans des projets, explique Philippe Burgeon. Ils ont véritablement l'impression de poser une action concrète, de venir en aide. Dans le cas du développement durable et du réchauffement climatique, il est important de partir de l'aspect économique. Pour les convaincre de modifier leurs comportements, il faut leur indiquer qu'il y a un avantage pécuniaire à économiser l'énergie, par exemple.»

L'Institut Sainte Marie ne compte d'ailleurs pas en rester là. Très prochainement, elle entamera une réflexion sur sa consommation de papiers, de mazout et d'électricité. «Nous pourrions même réfléchir à des possibilités de covoiturage pour permettre à certains élèves d'arriver à l'école dans les voitures de parents de condisciples.» Le tout car, comme l'affirme Philippe Burgeon, il s'agit bien là du rôle d'un établissement scolaire, de sensibiliser à la sauvegarde de la planète.