+ L'orange bleue gèle les pensions au Parlement

Albert II a demandé aux réconciliateurs de lui soumettre dans le courant de la semaine prochaine au plus tard des propositions dans le cadre de leur mission visant à entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés. Le Roi a rencontré le duo maardi soir, après avoir vu les chefs de délégation de l'orange bleue. Il avait rencontré lundi les présidents des partis socialistes et écologistes.

"Il ressort des audiences du Roi de ces derniers jours que - même s'il y a de nettes différences sur la méthode à suivre - il y a aussi une volonté largement partagée d'organiser un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre communautés", indique le communiqué du Palais. "Les présidents de la Chambre et du Sénat feront des propositions au Roi au plus tard dans le courant de la semaine prochaine pour concrétiser dans l'avenir le dialogue sur ces deux objectifs", précise le communiqué.

Le Roi a chargé jeudi les deux présidents d'assemblée d'une mission de relance du dialogue alors que la crise institutionnelle est plus profonde que jamais depuis le vote il y a une semaine, Flamands contre Francophones, de la scission de BHV en Commission de la Chambre. Le communiqué royal de mardi n'évoque plus Yves Leterme qui reste formateur même si les négociations sont à l'arrêt depuis le début de la crise mercredi.

Depuis une semaine, les partis francophones et néerlandophones ont mis des conditions à la reprise des négociations. Dans un communiqué diffusé après le vote, le cdH a demandé des garanties claires qu'il y ait une volonté commune d'élaborer un programme fédéral fort, de ne pas affaiblir l'Etat belge et de respecter désormais toutes ses composantes, ainsi qu'une volonté de trouver une solution négociée et non imposée à BHV pendant la durée de la suspension de la procédure (consécutive au vote d'une motion en conflit d'intérêts).

Enfin, il exige de tous les partis qu'ils démontrent la volonté de confirmer que toute discussion institutionnelle sera effectivement reportée selon les modalités déjà établies, hors du gouvernement, dans un cadre impliquant notamment tous les partis démocratiques et qu'aucune décision éventuelle ne pourra être prise sans majorité équilibrée des deux tiers.

Le MR a estimé dès après le vote que les négociations gouvernementales étaient arrêtées et ne pourraient reprendre que lorsqu'un signal sera donné montrant que la confiance entre les communautés est restaurée. Le MR attend les initiatives que prendront les présidents de la Chambre et du Sénat. Il pourrait, ensuite, réunir à nouveau les présidents des partis francophones.

Ceux-ci se sont réunis une première fois mercredi soir à l'initiative de Didier Reynders. Le Parlement de la Communauté a voté vendredi une motion en conflit d'intérêts. Le cartel CD&V/N-VA a pour sa part indiqué vendredi qu'il attendait des partis francophones des garanties qu'il y ait une réforme de l'Etat faute de quoi il n'entrerait pas dans le gouvernement. L'Open Vld continue lui d'attendre une initiative du formateur.

Actuellement en chômage technique, Yves Leterme faisait savoir lundi qu'il préparait des bilatérales sur le budget, le MR et le cdH rappelant dans la foulée que les négociations étaient suspendues. Le président du FDF, Olivier Maingain, avait lui répété vendredi, qu'à son sens, M. Leterme n'avait plus l'autorité d'un formateur.

En vue de renouer le dialogue et de préparer les travaux institutionnels, les présidents des deux assemblées ont vu l'ensemble des partis démocratiques à l'exception de la LDD, testant notamment la volonté des socialistes et des écologistes de participer à une majorité des deux tiers. Les socialistes n'entendent pas jouer aux dépanneurs. Le sp.a ne participera pas à un éventuel comité des sages chargé de préparer la réforme de l'Etat mais reste disposé à soutenir des propositions que déposeraient l'orange bleue. Pour le PS, il s'agit avant toute chose de "laver l'affront" commis mercredi dernier par les partis. Dans un premier temps, il a proposé que les partis flamands reviennent sur le vote de la scission de BHV mais ne semble plus évoquer ce scénario.

Au PS, une série d'idées sont lancées, telles que la mise sur pied d'un mécanisme de protection des Francophones visant à éviter a priori qu'un tel vote communautaire puisse se reproduire. Il y a aussi la circonscription fédérale. Quoi qu'il en soit, pour le PS, il revient aux présidents francophones de déterminer ensemble les conditions qui devraient être remplies au préalable pour qu'un dialogue entre les communautés soit possible. Le PS entend également connaître le menu du comité des sages avant d'éventuellement s'engager dans une discussion.

Prudents, les écologistes se disaient lundi disposés à participer à toute initiative sincère et équilibrée pour sauver le pays. Concernant l'orange bleue, on semble attendre dans les prochains jours une initiative du formateur Yves Leterme. Ce dernier se voit offrir une nouvelle chance de recoller les morceaux après une semaine infernale.