Ils sont une dizaine d'amis, Wallons et Flamands, entre 20 et 25 ans. Ce samedi, aux quatre coins du pays - à Namur entre autres - ils organisent une vente de drapeaux belges. Des drapeaux qu'ils espèrent voir ensuite fleurir aux fenêtres et aux balcons en signe d'attachement au pays. Une démarche qu'ils jugent urgente et nécessaire en réponse aux atermoiements d'un gouvernement qui n'en finit pas de ne pas se former, en réponse à des négociateurs très crispés sur les questions communautaires.
«Déployer son drapeau, c'est montrer au gouvernement qu'on continue à croire et à tenir à la Belgique, entame l'un des organisateurs, le conseiller communal cdH gembloutois Gauthier de Sauvage. C'est inviter aussi les hommes politiques à s'occuper des vrais problèmes des gens, comme le socio-économique ou l'environnement. C'est dire : assez de communautaire, on en a ras-le-bol!»
Un généreux mécène
Il y a peu, Gauthier et ses amis ont opéré une première vente de drapeaux, au porte à porte et aux feux rouges, à Bruxelles. «On en a vendu 150, explique le Gembloutois. Les gens étaient enthousiastes. Beaucoup nous disaient qu'ils ne savaient pas où trouver un drapeau noir-jaune-rouge ou qu'ils n'avaient pas le temps de chercher.D'où l'idée d'organiser une vente à l'échelle du pays. »
Un fournisseur leur a confié un millier de drapeaux, avec la promesse de reprendre les invendus. Les étendards seront vendus à prix coûtant, soit 8 € pièce pour un drapeau d'un mètre sur un mètre et demi. Il y aura même une promotion : «Le second drapeau sera vendu en dessous du prix coûtant, à 5 ou 6 €, explique Gauthier de Sauvage. Un généreux mécène nous a promis d'intervenir, mais nous ne connaissons pas exactement dans quelle mesure.»
Gauthier de Sauvage compte sur l'effet d'entraînement : plus les gens verront de drapeaux chez les voisins, plus ils auront envie d'en avoir un chez eux. «À Bruxelles, on en voit déjà beaucoup, analyse le conseiller communal de Gembloux. Mais à Namur, cela commence seulement.»
Six sites de vente
Une dizaine de vendeurs ont été recrutés parmi les amis et relations de Gauthier de Sauvage. «Nous sommes tous des personnes intéressées par la chose publique, par les débats de société, mais je suis le seul mandataire», explique-t-il. L'e-mail et le réseau social du net Facebook ont permis une mobilisation rapide et efficace. C'est ainsi que les drapeaux seront en vente ce samedi 27 octobre entre 14 et 17 h aux endroits suivants :
- NAMUR : chaussée de Waterloo, 320 (devant la salle de vente Rops)
- DURBUY : devant le château, au centre-ville.
- BRUXELLES : avenue Paul Heymans, 86
- ANTWERPEN : Sur le Meir en face du magasin «De Slegte»
- GENT : Coupure Links, 105
- HAL : Verhavertstraat, 172 (entre 9 et 12h)
Tout originale qu'elle est, l'initiative de Gauthier de Sauvage n'est pas isolée, elle s'inscrit dans un mouvement plus large qui voit la multiplication de pétitions et d'autocollants prônant la sauvegarde de l'unité nationale.A. Deb.