Les sangliers prolifèrent et causent des dégâts dans les jardins namurois. Début de solution au bois de la Vecquée : on vient d'installer une cage.
Le s Loups sont entrés dans Paris, chantait Serge Reggiani. Quarante ans plus tard, va-t-on demander à William Dunker de composer un remake sauce wallonne intitulé Les Sangliers sont entrés dans Namur?
Les témoignages vont dans ce sens. Il y a 15 jours, un jeune homme a aperçu sur le bord de la route deux sangliers occupés à gravir la côte de la route d'Hannut, un peu après le CHR. Les fonds des jardins de nombreuses propriétés jamboises du chemin du Pont de Briques portent trop souvent les traces des passages nocturnes de ces castards des bois. «Notre pelouse a été totalement retournée. On a emménagé il y a peu et on en a déjà pour 500€ rien que pour remettre le gazon en état», se lamente Margit Bauvin.
Même constat dans le quartier du Bois Brûlé, au Bois de la Vecquée ou dans le quartier de la Vigne à Malonne. À la Ville de Namur, on ne conteste pas cet inquiétant phénomène. «On reçoit des courriers depuis deux, trois ans mais en septembre, il y a eu une recrudescence», signale l'échevin Alain Detry. «On tente de trouver des solutions avec le DNF (Division de la Nature et des Forêts, à la Région wallonne).»
Un coq en pâteLa population des sangliers est en nette augmentation : personne ne le conteste. Les raisons sont multiples. «Ils ont passé la Meuse, on les trouve aussi désormais en Hesbaye», signale-t-on à la DNF.
Le problème devient plus aigu encore aux portes de la ville. Là, peu de surfaces boisées atteignent la taille critique pour être déclarée comme zone de chasse légale. Le chasseur ne peut donc pas jouer son rôle de prédateur de ce mammifère de moins en moins sauvage. Pendant ce temps, le sanglier se trouve comme... un coq en pâte aux portes de la ville. Il a les bosquets pour se réfugier le jour, les racines et les potagers pour trouver sa pitance. Et même la présence de l'homme ne l'inquiète plus guère.
Par ailleurs, comment organiser une chasse aux sangliers dans des quartiers habités sans risquer l'accident?
Dans l'attente d'un changement de législation qui permettrait une meilleure régulation de cette espèce, la DNF vient de poser une première cage dans le bois de la Vecquée. Appâté, le sanglier devrait s'y retrouver prisonnier avant d'être abattu au petit matin. Les hommes de terrain savent déjà que cette solution ne sera pas la panacée. Mais comme il n'est pas réaliste de faire appel à Obélix...