La journée mondiale du refus de la misère , c'était hier. «Luttes solidarité travail» a interpellé les parlementaires wallon devant le Saint-Gilles.
Sur l'esplanade devant le parlement wallon , quelques tonnelles bravent la pluie. Les militants namurois de LST (Luttes solidarité travail) aussi. Comme chaque 17 octobre, à l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, ils manifestent à l'extérieur.
L'endroit n'a pas été choisi par hasard. «On est là pour interpeller les politiques, explique Luc Lefebvre. Pour leur rappeler une fois encore que le Saint-Gilles, ancien hôpital général, garde dans chacune de ses briques la mémoire des résistances à la misère des plus pauvres.»
Pratiquement, l'action d'hier comportait deux volets.
1.La signature de la déclaration de solidarité
Une grande pétition circule actuellement de par le monde. «En Belgique, elle a déjà recueilli 20 000 signatures», indique Luc Lefevbre.
Cette «Déclaration de solidarité», qui sera adressée aux Nations Unies, et porte une idée forte. Elle dit que les personnes pauvres sont les premiers acteurs de la lutte contre la pauvreté et qu'elles doivent être étroitement liées à la conception des politiques de combat de la misère. En d'autres mots : les plus pauvres ne sont pas et ne veulent pas être considérés comme des assistés.
La pétition a été hier signée par plusieurs parlementaires et ministres wallons, dont le ministre-président de la Région wallonne.
Rudy Demotte a brièvement pris la parole pour rappeler combien étaient inacceptables la misère, le sentiment d'abandon, la solitude. «Nous sommes tous membres du temple de l'Humanité, a-t-il dit, plaidant pour plus de solidarité. Si une seule brique vient à manquer, c'est tout l'édifice qui est instable.»
2. La réplique de la dalle dite du Trocadéro
En 1987, à Paris, une dalle dédiée «à la mémoire des victimes de la misère» était inaugurée au Trocadéro (lire le texte ci-contre). En 20 ans, la dalle a fait des petits : 31 copies ont été installées de par le monde. Il y en a trois en Belgique : à l'abbaye Sint-Pieters à Gand, au boulevard des Droits de l'Homme à La Louvière et au Parlement européen à Bruxelles.
Et si la quatrième dalle était pour Namur? C'est le voeu exprimé hier par LST devant Rudy Demotte, auquel une copie provisoire de la dalle (en bois) a été présentée.
«Nous souhaitons qu'une copie en pierre soit scellée à l'entrée du Parlement wallon afin qu'elle soit vue par les mandataires à chacune de leur venue», explique Luc Lefevbre. Visiblement, le ministre président n'est pas opposé à l'idée, qui devrait être approfondie prochainement.A.Deb.