Les membres du Collège communal se sont réunis dans l'urgence, samedi matin, à l'appel du député-bourgmestre. Ce n'était pas une réunion de Collège, mais de ses membres. Pour dire et/ou décider quoi? Rien n'a filtré. Les membres de l'exécutif ont notamment parcouru... la presse pour en évaluer le contenu et les réactions après les nouvelles révélations gênantes de l'opposition lors du conseil communal, jeudi soir. On imagine que le bourgmestre a aussi voulu s'assurer de la cohésion de son «équipe».

Avec l'ouverture d'armoires desquelles sont exhumés des dossiers peu orthodoxes, les observateurs ont à présent la certitude d'assister à la chute d'un régime, une fin déclenchée début décembre 2006. Quel régime? Celui qui a été peu à peu mis en place durant près de trois décennies. Le règne de Guy Spitaels sur la Wallonie, on le sait, a induit un mode particulier de fonctionnement à Ath où un membre de l'administration a progressivement pris des initiatives ne lui incombant pas.

Au fil des ans s'est tissée une étrange toile dont tous les «points» devenaient solidaires à travers le silence obligé. Petits «plaisirs» et «arrangements» peu orthodoxes souvent initiés lors de visites discrètes le soir ou le week-end ont noué bien des langues, tout en renforçant le pouvoir d'une cellule de l'administration qui «arrangeait les bidons».

La brutale chute du «Spit» en 1997 a propulsé sur le siège maïoral un Bruno VanGrootenbrulle pas taillé (ou du moins préparé) à tenir le premier rôle. On connaît la suite: le pouvoir administratif a constamment placé dans l'ombre l'exécutif démocratiquement désigné, tout en mettant aussi sous l'éteignoir l'Union socialiste communale. Àcet égard, l'arrivée récente à la présidence de Jean-Pierre Dupont a déjà modifié la façon de faire, mais le PS athois doit encore retrouver un lien avec ses valeurs et marquer son indépendance par rapport à l'exécutif communal.

Le PS encore éclaboussé

Les prochains mois risquent d'être vraiment difficiles pour la majorité socialiste d'Ath. La situation pourrait être intenable à court terme pour les membres de l'exécutif suite à une triple augmentation de pression.

D'abord, l'opposition va immanquablement poursuivre son travail d'investigation. Et quand on découvre un câble électrique dans une forêt vierge, on a envie de savoir où il mène...

Ensuite, vu la gravité des dossiers ouverts, on peut imaginer que l'appareil judiciaire va se mettre en branle.

Enfin, le parti socialiste, déjà meurtri par les «affaires» en d'autres lieux, va difficilement tolérer l'embrasement dans une autre ville; il risque d'appeler les mandataires locaux à faire le ménage et à tirer vite les conclusions politiques des errements découverts; un Rudy Demotte ne va sans doute pas permettre que l'image de «sa Wallonie picarde» soit ternie plus longtemps par une régulière émergence de «dossiers athois». Son régime diététique n'est pas celui-là.