Invité sur le plateau de Controverse, Jean-Claude Daoust, président honoraire de la Fédération des entreprises de Belgique, a exprimé toute la colère du monde économique. "Prenons les accords interprofessionnels. Les deadlines sont parfois difficiles à tenir, les positions entre les différentes parties sont parfois difficiles à concilier...  Mais on arrive à trouver un accord."

Jean-Claude Daoust enjoint donc les hommes politiques à trouver une solution à BHV. Et lance ce message avec fermeté : "Laissez-nous entreprendre ! J'ai récemment rencontré des ambassadeurs étrangers en poste en Belgique. Ils m'ont demandé : que devons-nous dire? pouvons-nous encourager nos pays respectifs à continuer à investir en Belgique? Certains entrepreneurs belges aussi repoussent leurs investissements en attendant de voir ce qui va se passer."

De son côté, le politologue Pascal Delwit a rappelé que le problème BHV est bien plus ancien que ses six dernières années.  "Déjà en 1974, on en parlait. C'est un problème difficile. Non pas d'un point de vue technique mais d'un point de vue politique. Derrière BHV se cachent une identité et un symbole mais reflète aussi l'appréhension de l'avenir du fédéralisme en Belgique. D'où les jeux politiques dont fait l'objet la circonscription. Entre outre, l'Open VLD est dans une position très inconfortable au vu des résultats des dernières élections. Sans compter que ce parti a subi récemment un changement de leadership."

Sur la plateau de Mise au point, le politologue David Sinardet souligne que la résolution de la crise dépendra avant tout de la volonté politique. De la volonté des 7 partis politiques qui sont autour de la table et qui tous se demandent : "est-ce dans l'intérêt de mon parti qu'on résolve le problème BHV? Du côté flamand, le politologue constate que le CD&V veut aboutir clairement à un accord. Pour l'Open VLD, c'est moins sûr, souligne-t-il. "Ce parti veut-il vraiment négocier? Ou veut-il utiliser BHV comme un prétexte pour aller dans l'opposition? N'oublions pas qu'une nouvelle génération est arrivée à l'Open VLD. Avec une position très libérale qui ne se retrouve pas forcément dans le gouvernement."  

Invité également à la RTBF, le politologue Pierre Vercauteren résume la situation en trois mots : incompréhension, inquiétude et confiance. "Il y a une méconnaissance des nouvelles générations (faisant ainsi référence à Alexander De Croo - NDLR). L'incompréhension est également due à l'interprétation des principes du droit du sol et du droit des gens. En outre, cette incompréhension est nourrie par une double inquiétude. Les Flamands ont peur de céder du territoire et de devoir encore en céder dans quelques années. Tandis que chez les francophones, ils ont peur de céder sur le droit des personnes et de devoir à l'avenir encore céder sur ce point. " Le politologue souligne enfin que "le moral des joueurs est atteint. Le défi de Didier Reynders est de rétablir la confiance et de parvenir à convaincre les différents parties autour de la table qu'il est encore possible d'arriver à un accord." Y arrivera-t-il ? Rien n'est moins sûr.

Le président du MR rencontre les présidents des partis flamands ce dimanche après-midi. Il devrait faire rapport au Roi dimanche en fin de journée ou lundi.

Thyssen se demande ce que veut l'Open Vld: une solution ou le crash

La présidente du CD&V, Marianne Thyssen, se demande si l'Open Vld, en fixant une nouvelle date limite, veut une solution ou préfère que les négociations s'écrasent, a-t-elle expliqué dimanche au cours de l'émission "De Zevende Dag" sur la VRT.

Le sp.a, la N-VA et le Vlaams Belang - dans l'opposition au niveau fédéral- se sont aussi interrogés sur les revirements des libéraux flamands dans le dossier BHV.

Selon MarianneThyssen, si la bonne volonté et la compréhension mutuelle se trouvent autour de la table, elles ne peuvent être gâchées à cause du "deadline" de quelqu'un. Elle a d'ailleurs fait remarquer à l'Open Vld que son attitude avait déjà fait perdre quatre jours aux négociations.

Le président des libéraux flamands, Alexander De Croo, a quant à lui affirmé que cette date limite n'était pas la sienne mais celle qu'imposait le parlement. Des représentants de l'Open Vld étaient également présents aux débats politiques de RTL-TVI et de la RTBF. Sur le plateau de cette dernière, le chef de groupe Vld au parlement flamand, Sven Gatz, a pris garde de parler de "deadline" et non d'"ultimatum".

Aucun président de parti francophone n'a participé aux émissions dominicales des chaînes télévisées. Seul le président du FDF, Olivier Maingain, était annoncé sur la RTBF mais il a finalement décliné l'invitation, à la demande du président du MR, Didier Reynders, ont précisé les deux présentateurs.

Avec Belga