La majorité a éprouvé beaucoup de difficultés à expliquer, jeudi soir, le cheminement d'un dossier assez particulier, à Maffle.

En 2004, le propriétaire du «château Schmidt» (la belle-famille de... la conseillère PS Carine Delfanne) fait curer un étang et, avec l'aval de la Ville, étend les boues sur des parcelles que la commune vient justement d'acquérir.

C'est la version du Collège car, du côté de l'opposition, Cécile Dascotte (Forum/cdH) reste dubitative quant à l'accord du Conseil pour déverser les boues. Par ailleurs, à son sens, c'est bien la Ville qui a pris en charge la «remise en état» de l'étang privé; elle se réfère à une décision du Conseil communal, en 2004.

«En fait, vous n'avez pas eu de chance dans ce dossier» lance Cécile Dascotte. «Ces arrangements auraient pu passer inaperçus si les boues offertes gracieusement par les occupants du château n'avaient pas eu le mauvais goût d'être polluées. À l'heure actuelle, en l'absence de document légal, le propriétaire de l'étang reste propriétaire des boues qui ont été entreposées sans titre ni droit, sur un terrain communal.»

Non seulement en effet se pose le problème du dépôt pour lequel une autorisation s'impose (permis d'environnement délivré par la Région), mais s'ouvre aussi une épineuse question liée à la pollution de ces déchets (quelque 25.000M3).

En juillet 2006 en effet, la Police de l'Environnement effectue des analyses et constate un dépassement en mazout. La Ville réalise un peu plus tard des analyses complémentaires auprès de l'Institut provincial d'hygiène et de bactériologie (IPHB), estimant que la Police de l'Environnement n'aurait pas été suffisamment rigoureuse. Si les premiers résultats de l'IPHB confirment les conclusions de la DPE, un curieux «rectificatif» arrive en avril: il s'avère finalement que les boues ne doivent plus être considérées comme déchets dangereux malgré la présence («marginale») de mazout; celui-ci, selon le 1er échevin Jean-Pierre Denis, proviendrait d'une grue ou d'un déversement illicite.

Laurence Nasdrovisky (Forum/MSAD) souligne qu'elle s'est déjà intéressée à ce dossier dans le passé, posant même une question liée à la nécessité d'un permis de bâtir. «À l'époque, vous m'aviez répondu que, selon vos informations, il ne fallait pas de permis...»

«Dans son courrier, la DPE vous demandait également d'évacuer les boues et informait le Procureur du Roi de Tournai de son rapport» indique la conseilère. «Au lieu d'obtempérer aux impositions de la DPE et de vous retourner sur le "pollueur" en appliquant le principe de "pollueur-payeur", vous mettez en doute les mesures de la DPE et vous décidez d'effectuer des mesures contradictoires...» Coût: 4000€. Avec les résultats que l'on sait.

Entretemps, la DPE avait menacé la Ville de faire appliquer la taxe de 25€/M3 par l'Office wallon des déchets (soit au total 625.000€). Mais la Police de l'Environnement ne s'est plus manifestée depuis début avril...

La note pourrait donc être très salée pour la Ville d'Ath, un aspect que n'ont pas vraiment abordé les Bruno VanGrootenbrulle et Jean-Pierre Denis, jeudi soir. Pas plus que le délicat problème des autorisations, même si Jean-Pierre Denis avoue: «c'est vrai: nous avons omis de demander l'autorisation du fonctionaire délégué de la Région...»

«Nous avions estimé qu'il y avait une opportunité pour enrichir le sol afin de créer un arboretum...»

Quant au bourgmestre, il préfère axer son plaidoyer sur la lutte contre les inondations, motif initial du curage de l'étang.