Au pied du mur palestinien, la semaine dernière, nous avons suivi deux échevins viroinvalois, venus se rendre compte des réalités du terrain palestinien, à 2 200 km de leurs forêts ardennaises.

Cette petite commune de Viroinval est étonnante à plus d'un titre. Du haut de ses 5 700 habitants, elle a officiellement créé un échevinat de la Coopération internationale, à l'issue des dernières élections ! Ce poste doit probablement être unique, au moins pour une commune de si petite taille...

L'entité est engagée, sur plusieurs terrains internationaux. Mais le combat pro Palestinien est sans conteste l'un des plus suivis par les élus.

Après des missions au sud-Liban, c'est dans la Bande de Gaza qu'un premier projet a été lancé, il y a cinq ans. Un cyberespace commun avec le camp de Jabalia a permis de rassembler les jeunes Belges et Palestiniens autour d'un projet aujourd'hui malheureusement mis entre parenthèses par le Hamas.

Des actions en aval...

Viroinval vise en ce moment plus haut encore. Outre un projet congolais, la commune investit son énergie, excusez du peu, auprès du comité du Nobel ! Viroinval a en effet déposé, il y a un an, la candidature du docteur Izzeldine Abbulaiesh, médecin palestinien travaillant en Israël, dont la maison avait été attaquée par Tsahal, durant un direct de la télévision israélienne.

Ses pleurs et ses cris avaient fait le tour du monde et depuis, Viroinval défend sa cause auprès du comité du Prix Nobel de la Paix. Izzeldine Abbulaiesh multiplie en effet les travaux en faveur d'une pacification des relations avec Israël. Il avait été l'élément moteur du premier projet entre Viroinval et Jabalia.

...mais aussi en amont

Depuis un an, aussi, la petite commune wallonne s'est placée, parmi quelques ONG et associations, en tête du combat contre le financement de la colonisation israélienne, par Dexia.

L'an dernier, les élus locaux avaient questionné les mentors de la banque lors d'une assemblée générale, réclamant l'arrêt de ces investissements. Ils ont également décroché un rendez-vous avec Stefaan Decraen, président de Dexia-Holding. Ils avaient en outre voté une motion réclamant l'arrêt de ces invests et l'avaient soumise aux autres communes wallonnes, afin de maximaliser la pression. Une douzaine d'entités avait suivi.

Lors de l'assemblée générale Dexia de mai 2009, l'arrêt du financement des colonies leur avait été promis. Mais le procès-verbal de la réunion, contenant cette fameuse promesse, avait été très difficile à obtenir ! « Nous ne l'avons eu qu'il y a 15 jours, lorsqu'un employé est venu nous présenter notre profil financier. Il aura fallu insister. Et encore, sur le document, on évoque le fait que la question des colonies a été abordée, mais aucune réponse n'y est rapportée, contrairement à ce qui nous avait été promis à l'époque ».

« Le combat continue »

Aujourd'hui, Viroinval et les associations reprennent les armes : « Nous avons appris que Dexia finançait encore les colonies sur Jérusalem. Ailleurs, par contre, il semble que Dexia-Israël ait annoncé, qu'elle ne financerait plus de projets nouveaux. Seuls des encours se clôturent, jusqu'en 2017. Néanmoins, nous reposerons les mêmes questions que l'an dernier, pour Jérusalem-est. Le combat continue », annonce le bourgmestre local, Bruno Buchet. Viroinval sera présente aux A.G. de Dexia, mais également de Dexia-Holding.

Les deux échevins locaux et un membre de leur administration, eux, reviennent de Cisjordanie avec l'idée de relancer un nouveau projet, en Cisjordanie : créer un cyberespace pour les jeunes de Qualquilja, dont la ville est encerclée par le mur israélien.

Avant un jumelage avec un camp de réfugiés ?