Les amoureux de cet écrin verdoyant de la mémoire, lié à la vie aventureuse de Félicien Rops, devront encore patienter, au moins jusqu'en 2012, avant de le voir totalement restauré. Année après année cependant, le château s'achemine vers ce que la dernière descendante de l'artiste namurois avait souhaité qu'il devînt. Au premier étage et dans ses deux ailes, une résidence pour artistes en recherche d'une haute qualité de silence. Et, au rez-de-chaussée, un espace de musée dédié non pas à ses oeuvres (Namur s'en charge) mais à la vie du peintre et graveur.
Le chantier s'étire en longueur parce que le Fonds Félicien Rops, qui en a hérité, en appelle depuis le début aux deniers publics et au mécénat des entreprises voire des donateurs privés. Car faire renaître cette gentilhommière fondue dans la campagne coûte une fortune. Depuis le début aussi, Thierry Zéno, administrateur-délégué du Fonds, fait preuve d'une persévérance à toute épreuve pour monter les dossiers et respecter les procédures en regard du statut de monument classé du site.
Une des autres missions confiées au Fonds consiste bien sûr à ouvrir le château, deux fois par an, « pour que les visiteurs puissent profiter de son cadre exceptionnel et être informés de l'évolution des travaux mais aussi de nos projets », explique Thierry Zéno. Ces portes ouvertes permettent enfin de faire rentrer un peu d'argent dans la caisse, en servant à prix démocratique jus de pommes, sandwichs et morceaux de tarte.
Pour ce dimanche 18 avril, le Fonds rouvre le portail en musique, avec les musiciens des fanfares royales Sainte-Cécile de Mettet et de Lesve, et des professeurs de musique de l'Académie de Tamines, qui n'y feront pas que semer de joyeuses notes (de 12 h 30 à 14 h). Ils y organisent aussi une balade gourmande.
Les aménagements futurs, dont l'exécution proche ou lointaine dépendra donc de la générosité d'hypothétiques donateurs, concerneront l'équipement des résidences en salles de bain et la métamorphose du rez-de-chaussée en espace muséal. Il s'agira aussi, ensuite, d'aménager dans les caves des sanitaires publics ainsi qu'une cafétéria donnant sur le parc. « Ça peut être rapide si des mécènes se manifestent rapidement, mais cela prendra au minimum encore deux ans. Notre espoir est que le chantier soit terminé en 2013. » Ce dimanche, à Thozée, le château partagera la vedette avec le printemps, qui y réhabilite, à travers un intense bourgeonnement, les couleurs de la vie.