Ils ne sont pas contents les pompiers du pays. Et ils ont tenu à le (re)faire savoir aux principaux ministres du gouvernement réunis en conclave budgétaire au cabinet du Premier ministre, Yves Leterme. En cause, encore et toujours le manque de moyens qui leur sont octroyés.
Cela fait maintenant plusieurs années qu'ils se battent pour qu'on leur donne plus de moyens. Ils pensaient avoir été entendus suite aux différentes catastrophes (Ghislenghien, Liège, Rochefort) et aux promesses qui s'en sont suivies.
Mais, alors que le gouvernement était réuni aujourd'hui en conclave budgétaire au 16, rue de la Loi à Bruxelles (le bureau du Premier ministre, Yves Leterme), les pompiers ont eu vent que ce ne sont pas 32 millions d'euros qu'ils recevront (ce qui ne les satisfait déjà pas) mais 22 millions d'euros.
Une nouvelle que les pompiers n'ont pas du tout digéré. Et pour bien le faire comprendre aux politiques, les hommes du feu ont décidé d'organiser un mouvement de protestation surprise. Quelque 300 personnes, venues avec une centaine de véhicules, selon Marc Gilbert, commandant des pompiers de Sambreville et président de la Fédération Royale des Corps de Sapeurs Pompiers de Belgique, ont débarqué à Bruxelles.
Accueil froid et cynique d'Yves Leterme
Une délégation a été reçue "cinq minutes en tout et pour tout" par Yves Leterme. Et visiblement, la discussion n'a pas été des plus constructives. "Il a écouté ce que nous avions à dire. A savoir qu'on en a marre de perdre des gens. On a perdu 12 hommes depuis 2007. On en a marre de ne pas avoir de moyens" s'est énervé Marc Gilbert que nous avons joint par téléphone.
"On lui a dit que si nous n'avions pas les moyens nécessaires, il pouvait prendre nos véhicules. Ce à quoi il a répondu: "Oui mais alors garez les bien (sic)" raconte Marc Gilbert, excédé par autant de cynisme et le manque de considération. "Il semblait plus préoccupé par le match du Standard."
Un problème communautaire?
Si la discussion avec Yves Leterme a été relativement froide, il semble que le courant passe mieux avec les présidents des quatre partis traditionnels francophones. "La réaction du Premier ministre contraste avec celle de Didier Reynders, Elio di Rupo, Joëlle Milquet et Jean-Michel Javaux qui eux nous supportent. Je me demande si le problème n'est pas communautaire. C'est du côté néerlandophone que ça pose problème. Guy Vanhengel (NDLR: le ministre du budget) veut diminuer les moyens. Annemie Turtelboom, elle ne sait rien. Elle n'est là que depuis quelques mois."
Face à ce manque de considération, les pompiers fourbissent leurs armes. "On pourrait aller très loin" prévient l'homme du feu, "sans mettre en péril la population". Pour l'heure, aucune mesure n'a encore été arrêtée. "Je vais réunir mes collègues et les organisations syndicales et nous déciderons de la suite à donner. Nous allons sensibiliser la population pour qu'elle soutienne notre cause."