Armand De Decker (2e à gauche) ne cache pas sa sympathie pour le Roi.
(photo Reporters)
Le président du Sénat, Armand De Decker, et le sénateur Francis Delpérée se sont montrés dimanche peu favorables à une réforme de la Constitution qui priverait le Roi de ses dernières prérogatives politiques.
Le président du Sénat, Armand De Decker (MR), et le sénateur Francis Delpérée (cdH) se sont montrés dimanche peu favorables à une réforme de la Constitution qui priverait le Roi de ses dernières prérogatives politiques.
Sur le plateau de Mise au Point (RTBF), les deux hommes ont nuancé les positions qu'ont défendues leurs propres présidents de parti, Didier Reynders et Joëlle Milquet, dans le dossier spécial réalisé par La Libre Belgique et De Standaard.
"Le cdH n'est pas pour la monarchie protocolaire. Si le Roi n'a de vertu que protocolaire, on n'a pas besoin de Roi", a insisté Francis Delpérée. "On n'a pas besoin d'un Roi-pot de fleur", a-t-t-il ajouté.
"Pouvoir très utile"
Armand De Decker a pour sa part jugé "très utile" le pouvoir d'influence du Souverain, qui a selon lui "tout le temps défendu l'intérêt général et l'intérêt supérieur du pays". Pour le président du Sénat, il est "très bon que le Roi nomme les ministres". "Si ce n'était pas lui, ce serait nécessairement un homme politique qui serait flamand, wallon ou bruxellois", et par conséquent suspect de partialité, a-t-il dit.
Les autres invités de Mise au Point se sont montrés plus favorables à une réforme de la Monarchie, même s'ils ont loué la sagesse du Roi Albert II, qui, de l'avis général, a su se mettre suffisamment en retrait.
La réforme devrait être menée à bien avant la succession, a insisté le constitutionnaliste Marc Uyttendaele. Parmi les problèmes du régime actuel, il a pointé l'impossibilité pour le pouvoir politique d'empêcher une personne jugée inadéquate d'accéder au trône.
"Avec Albert II, on est bien tombés"
Plus direct, l'ancien sénateur Josy Dubié (Ecolo) a comparé la Monarchie à une "loterie". "Avec Albert II, on est bien tombé", a-t-il dit, mais à l'avenir, la fonction de chef de l'Etat pourrait revenir "soit à des crétins, soit à des gens malfaisants". Il a mentionné à cet égard "les bourdes du Prince Philippe", à qui il est arrivé de sortir de sa réserve protocolaire, notamment face à la presse. Pour autant, Josy Dubié a souligné, au même titre que le député André Flahaut (PS), que la réforme de la monarchie n'était pas prioritaire dans le contexte actuel de crise économique.
"La succession serait un bon moment pour bétonner ce qui se fait déjà maintenant" avec la réserve volontaire d'Albert II, a pour sa part estimé le nouveau président de l'Open Vld, Alexander De Croo.
Quant à Jan Peumans (N-VA), le président du Parlement flamand, il n'a pas caché l'agenda nationaliste de son parti. Le passage à une monarchie protocolaire ne doit être qu'"une première étape", a-t-il dit.
"Limiter le rôle du Roi: urgent"
La RTBF et la VRT ont consacré une partie de leurs débats dominicaux à la royauté, dans le sillage de La Libre Belgique et du Standaard, qui consacrent plusieurs numéros à ce sujet. La plupart des responsables politiques cités dans l'édition de samedi de La Libre se montrent favorables à une monarchie plus protocolaire.
C'est le cas notamment de Didier Reynders, qui juge cette évolution "inévitable", tandis que Joëlle Milquet se dit "ouverte à imaginer une autre solution que la sanction royale".
Sur le plateau de l'émission Zevende Dag, l'ancien Premier ministre Wilfried Martens - qui dirigeait le pays quand le Roi Baudouin a refusé de sanctionner la loi légalisant l'avortement - a dit "urgent" de limiter le rôle de sanction législative conféré au Roi.