Treize mille trous. L'échevin Paul Ficheroulle n'évoque pas un gigantesque morceau d'emmenthal, mais les quelque 650 km de routes relevant de la Ville de Charleroi qui ont particulièrement souffert de l'hiver, à nouveau rude cette saison. Cela signifie du pain sur la planche pour le service communal de la voirie dont le premier échevin est responsable.

Hier matin, une équipe du secteur Sud dirigé par Jean-Paul Hanset était à pied d'oeuvre à la rue Pasteur, à Mont-sur-Marchienne. Mission : remplacer le tarmac endommagé sur cinq centimètres d'épaisseur sur une surface d'une douzaine de mètres carrés, par du tarmac posé à chaud, gage de solidité pour une dizaine d'années. Bien mieux, donc, que les « rustines » posées à froid, d'une durée nettement moindre.

« Notre service communal est l'idéal pour ces petits travaux, explique Paul Ficheroulle. Comme la main-d'oeuvre en est le coût principal, cela coûterait cher si l'on recourait au privé. Mais il faut quand même être conscient que les 2,5 tonnes de tarmac déversées pour cette réparation coûte 250 €... »

Un budget très limité

Heureusement, toutes les réparations ne nécessiteront pas autant de matière. Mais ces 250 € sont à mettre en rapport avec les 250 000 € prévus annuellement au budget communal pour l'entretien ordinaire de la voirie. Sans compter les subventions régionales ni le plan triennal des travaux subventionnés. « J'espère pouvoir passer à 500 000 € pour le budget de cette année, toujours en cours d'élaboration », confie le premier échevin. Qui avoue que les besoins imposeraient 2,5 millions € par an, sans parler des « rattrapages » liés aux deux derniers hivers.

Bonne nouvelle quand même : grâce au ministre wallon des affaires intérieures, Paul Furlan, la Ville pourra compter sur une aide régionale supplémentaire de l'ordre de 1,3 million € par an, et ce pour les trois prochaines années.

Cadastre des trous

Reste à définir les priorités et le type de réfection à envisager. Car sur les 13 000 trous estimés, une hiérarchie est établie. « La police locale a dressé un cadastre des trous les plus importants, qui présentent un caractère dangereux. Le rapport comporte plus de 40 pages... » Le type de réfection dépendra de l'état des routes : réparation par grattage et pose de tarmac à chaud, enduisage de bitume, schlammage ou encore grattage du tarmac sur toute la largeur de la route avant d'y replacer du tarmac à chaud. « C'est la solution la plus durable, mais c'est aussi la plus coûteuse : 90 000 € du kilomètre... » Si les moyens font défaut, le travail ne manque pas pour la centaine d'agents du service voirie. Dans le cas de la rue Pasteur, son rôle se limitera à effectuer les réparations. Une firme privée prendra ensuite le relais pour procéder par la suite à un enduisage.