Le principe du « coût-vérité » de la Région wallonne oblige les communes à faire payer l'essentiel du coût de la collecte et du traitement des immondices par les habitants. Actuellement, 75 % de ce coût doit être répercuté sur les habitants. En 2012, le décret wallon a prévu qu'on en arrive à 95 %. En 2008, Charleroi a dû régler à l'intercommunale 15 250 000 €, un montant réduit à 14 900 000 € l'an dernier en raison, semble-t-il, d'une erreur d'estimation. Charleroi, plutôt bon élève, fait payer par ses habitants 94 % de ce coût.
La donne risque de changer avec l'augmentation annoncée par l'ICDI. Une réunion doit se tenir mardi prochain, entre le collège communal et les dirigeants de l'intercommunale. Ils diront la justification de cette augmentation qui pourrait, selon les premières estimations, être de 10 % et porter la part communale de Charleroi, largement majoritaire à l'ICDI, à 16 500 000 €.
La conséquence en est imparable : si Charleroi veut s'en tenir aux obligations du décret wallon, elle va devoir imaginer une taxation différente de celle qu'elle avait établie en 2007. On y prévoyait neuf catégories de contribuables, dont certains, comme les minimexés, étaient entièrement exemptés de taxe. L'objectif consistait à taxer chacun selon sa situation sociale, avec une attention particulière aux ménages monoparentaux, entre autres.
Chez Ipalle ?Du côté de l'ICDI, il existe un plan industriel qui devrait, dans les prochaines années, conduire à la construction d'un four destiné à remplacer le four n° 3 vieillot. On évoque aussi une amélioration de l'infrastructure qui permet aujourd'hui de fournir, par récupération, de l'électricité à environ 5 000 habitants, pour permettre d'alimenter 15 000, avec des retombées financières qui constitueraient autant de ristournes possibles pour les communes affiliées.
En face, du côté de Charleroi, on ne manquera pas de s'interroger. Qu'en est-il du coût réel de la collecte et du traitement des déchets par l'ICDI ? Est-il vraiment le moins élevé possible ? Ne pourrait-on confier ces opérations à Ipalle, l'intercommunale de Froyennes, dont il semble bien que le coût par tonne soit moins élevé ? Des comparaisons seront mises sur la table, qui amèneront Charleroi à trancher : faut-il répercuter la hausse sur tous les contribuables, ou sur certaines catégories ?
Une importante rencontreLa rencontre de mardi est importante pour Charleroi, mais elle intéressera aussi, sans aucun doute, d'autres communes affiliées à l'ICDI. On se souvient du coup de gueule de la bourgmestre de Montigny-le-Tilleul, la MR Véronique Cornet, évoquant de possibles révisions des critères de répartition entre les différentes communes. Faut-il concevoir cette éventualité en fonction de l'éloignement de l'incinérateur de Pont-de-Loup ? Charleroi, plus centrale, aurait-elle droit à un traitement de faveur pour cause de parcours moindre ? Faut-il plutôt tenir compte des communes « bons élèves », où l'habitant fait les efforts souhaitables pour produire moins de déchets et coûter moins cher ?
Au-delà du seul cas de Charleroi, c'est tout le débat qui s'ouvre, pour les finances de l'ICDI.