Namur a attendu trois ans depuis qu'une nouvelle majorité s'est mise en place pour se présenter au salon international de l'immobilier à Cannes, le Mipim. Pourquoi ?Il y avait d'autres choses à faire avant de venir ici. En particulier, définir une ligne claire en aménagement du territoire, se doter d'outils d'analyse et de prospective comme l'atlas stratégique des quartiers, qui nous permet d'en maîtriser la typologie.

Ce travail a été renforcé avec le projet de schéma de structure qui apporte une vision urbanistique. On a maintenant la connaissance du terrain et l'outil qui nous permettent de redéfinir une ligne en aménagement du territoire.

Précisément, quelle est cette ligne ?L'objectif est de freiner l'étalement urbain et de reconstruire la ville pour diminuer les coûts à supporter par les finances publiques.

Il faut aussi reconquérir la tranche d'âge des 30 à 50 ans, sinon on court à la catastrophe financière. Cette tranche est celle qui paie le plus d'impôts. Il faut pouvoir offrir du logement à une population jeune, aux moyens limités. D'où l'intérêt de développer du logement mitoyen, mieux isolé et situé à moins de 300 m des bassins de vie et des transports en commun pour économiser l'énergie. Évitons les quartiers mal desservis et monofonctionnels. C'est cela, construire une ville durable où tout le monde a une place.

Sur cette vision de l'aménagement du territoire doit se coller une vision de l'urbanisme. Protéger les vues indirectes, respecter les jardins ou les gabarits, c'est un travail de tous les jours. En Belgique, aucune ville n'est encore réellement durable. En France, je vois que cela bouge beaucoup. C'est un beau créneau à développer pour Namur.

Les principes sont généreux, mais vous avez dû essuyer les critiques très virulentes de certains promoteurs. Ce modèle de développement est-il de nature à leur assurer une rentabilité suffisante ?Les critiques émanaient de trois promoteurs, pas les plus importants. Avec les gros, le dialogue se passe bien. Ils reconnaissent volontiers que ce qu'ils faisaient encore il y a trois ans n'est plus possible. De nouveaux projets sont en train de sortir, comme celui de la gare multimodale, du centre commercial en centre-ville ou de l'abattoir de Bomel. À Namur, on va vers une revanche du Nord, où se trouvent les quartiers en plus grande difficulté, sur le Sud.

Mon message est clair : les groupes immobiliers ont intérêt à venir à Namur. La ligne est claire et ils verront qu'on ne travaille pas si lentement que cela.

Quel bilan dressez-vous de votre participation au salon ?Sur un plan personnel, je trouve qu'il était intéressant de pouvoir y aller. Il y a des idées à aller chercher chez d'autres villes. J'ai été particulièrement intéressé par la manière dont une ville comme Dijon fonde toute sa politique d'urbanisme et d'aménagement du territoire sur le développement durable.

Je me dis aussi qu'on dispose, par rapport à certaines municipalités françaises de moyens bien faibles. Il faudrait pouvoir créer, au sein de l'aménagement du territoire, un bureau d'étude qui, non seulement, examine les demandes de permis, mais aussi porte des projets pour la ville.