Cannes , jeudi, 16 h 30. Sur le parvis du Palace Le Majestic, l'échevin de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme Arnaud Gavroy desserre le noeud de sa cravate. Lui qu'on croise plus souvent en jeans dans les rues de Namur s'est moulé dans la tenue du parfait promoteur immobilier. Complet sombre, lunettes fumées, le GSM collé à l'oreille... Pour séduire, il faut pouvoir faire des concessions.

La délégation namuroise est conduite par le gouverneur Denis Mathen, le député provincial Luc Delire, le président et le directeur général du BEP Robert Joly et Renaud Degueldre. Elle vient de passer son heure de vérité et elle a plutôt bien réussi son coup en optant pour un séminaire plutôt qu'une présentation sur le stand de la Région wallonne. Symboliquement, la présence namuroise est déjà importante : c'est la première fois qu'une mobilisation s'organise à l'échelle namuroise. Un message que ne manqueront pas de jauger les pôles de Liège et Charleroi.

Présent au séminaire, le bourgmestre de Braine L'Alleud Vincent Scourneau ne cachera d'ailleurs pas son admiration pour la qualité de la présentation et la cohérence des projets présentés.

Pendant une heure, les représentants des villes de Namur, Andenne et Dinant vont se liguer pour appâter le gratin des investisseurs, pour la plupart wallons. C'est cela une des caractéristiques du Mipim : les Belges parlent aux Belges, les Wallons aux Wallons...

L'instant est important. Pour la première fois sur le Mipim, le salon international de l'immobilier de Cannes, une coalition namuroise va tenter de délivrer plusieurs messages à l'attention des promoteurs et investisseurs : 1. Du terrain : oui, il y a de l'espace à Namur et en province pour y développer des projets ambitieux. L'exemple d'Andenne est éclairant. La Ville dispose de réserves foncières importantes, qu'elle veut valoriser. « Pour accompagner un retour vers le centre-ville », insiste le bourgmestre Claude Eerdekens. Dans sa hotte quatre projets majeurs : la rénovation du centre-ville, la restructuration de la porte d'Andenne, le long du contournement à Andenelle, la réalisation d'un quartier sur 55 hectares à Anton, dans le prolongement de la ville et la concrétisation du projet Europan, autour de la gare. Soit un potentiel de plusieurs centaines de logements, mais aussi des commerces et des services.

2. Du durable : comme le souligne Denis Mathen, la proposition est de « s'implanter dans le jardin namurois ». On ne jette pas ses semences n'importe où, n'importe comment.

À Namur, on y est tout particulièrement attentif. « Nous devons préparer la ville à l'après pétrole, martèle l'échevin de l'urbanisme Arnaud Gavroy. D'où la nécessité de recentrer l'habitat, d'éviter la dispersion et de proposer le modèle d'une ville écomobile » .

« La dimension économique n'est pas à négliger, complète l'échevine Anne Barzin. Namur doit attirer plus de population dans la tranche d'âge des 30 à 50 ans, celle qui apporte le plus de rentrées financières. Ramener des habitants vers le centre, c'est aussi faire des économies car la dispersion coûte cher. C'est aussi mieux se donner la possibilité d'utiliser mieux les infrastructures qui existent ». Pour Dinant, la réflexion est assez similaire, même si l'échelle est différente. « Il y a un décalage entre notre image et la réalité, explique Thérèse de Biourge, responsable de l'ADL. Souvent, les visiteurs pensent que Dinant compte 30 000 habitants. Or, la commune n'en totalise que 13 000. Il est important, pour notre développement, de développer notre population, mais aussi son revenu moyen. C'est pourquoi nous sommes venus avec des projets qui prévoient du logement de standing ». Dinant dispose aussi, avec le site de Wespin, d'une des plus vastes réserves en terrain à bâtir de toute la Wallonie. 77 hectares d'un seul tenant, dans le prolongement de la ville. Ici, la ville compte jouer au maximum la carte du durable, avec une touche commerces de proximité et loisirs.