Ce vendredi, Michel Brooze était bien seul sur le marché hebdomadaire de Waremme. À ses côtés, pas de traces de Louis Onkelinx. Non, cette semaine, Louis a définitivement rangé son trombone à coulisse et ses partitions. Il est parti ailleurs, faire connaître sa bonté et ses multiples passions. Peut-être même qu'il pourra se mettre à l'accordéon, l'instrument qui lui donna envie de faire de la musique.

En mai, cela allait faire trois ans que Louis avait cédé la présidence de l'Ensemble instrumental waremmien (EIW) à Benoît Degrange. Une décision dictée par des problèmes de santé. Cela faisait plus de 60 ans qu'il y jouait du trombone et une bonne vingtaine d'années qu'il en avait pris les commandes. « Louis, c'était mon cama', mon ami. Je l'ai rencontré quand je suis entré à la fanfare de Waremme (comme elle s'appelait à l'époque), en 1967 ou 68. Au fil des années, on a commencé à nouer des liens d'amitié », raconte Michel Brooze, le trésorier de l'EIW. Et même si une génération séparait les deux hommes, ils étaient tout le temps sur la même longueur d'onde. « On avait ainsi pris l'habitude d'aller se promener sur le marché avant d'aller boire un verre. Ce vendredi, j'ai été sur le marché en sa mémoire . »

Dans le portrait dressé par notre collègue Yves Raisière, fin 2001, Louis Onkelinx était comparé à Jean Gabin. Michel s'en souvient très bien. « Oh oui, j'ai conservé l'article ! Louis, c'était un Monsieur ! Quelqu'un qui pouvait tout diriger, il aimait s'occuper de tout et mettait tout le monde d'accord. Et même s'il allait avoir 80 ans, il était resté jeune d'esprit . »

Le patriarche

Au sein de la fanfare, la mort de Louis en a surpris plus d'un. « On n'imaginait pas qu'il allait partir si vite, glisse Benoît Degrange. Louis avait une telle aura sur le groupe. Il avait su instaurer un certain état d'esprit qui est toujours présent . » Fidèle à lui-même, Louis a tout donné pour l'Ensemble instrumental. « Il était de tous les combats car l'Ensemble n'a pas toujours eu facile d'exister. Louis était aussi très attentif à tous ses musiciens . » Et ceux-ci le lui rendent bien. À l'annonce de son décès, une jeune musicienne n'a pu retenir ses larmes. « Louis Onkelinx était le patriarche de la fanfare . »

Jacques Chabot a très bien connu Louis. « J'ai le même âge que son fils, on a été à l'école ensemble. J'ai connu Louis à cette époque . » Régulièrement, la route de Jacques Chabot croisa celle de Louis Onkelinx. « En 1976, Louis a créé le club de volley de filles dont j'ai été le premier président. Je suivais le club et donc Louis . » Louis et le sport, une autre longue histoire. Il a notamment tenu le guichet du complexe sportif et s'est occupé de la gestion administrative.

Fidèle à la Saint-Valentin de Jacques Chabot

Lorsqu'il évoque son ami Louis, Jacques Chabot évoque la bonté. « C'est qu'il respirait la bonté, quelqu'un qu'on avait envie de côtoyer, quelqu'un que j'aurais voulu avoir comme père . »

Jacques Chabot n'oublie pas non plus que Louis a spontanément proposé ses services pour tenir les entrées au souper de la Saint-Valentin. « Depuis, chaque année, il me disait "ne m'oublie pas, hein !" »

L'ancien maïeur se souvient aussi d'un Louis fidèle en amitié et à ses principes. « Il était socialiste mais au sein du conseil d'administration de l'Académie, il était ouvert aux idées des autres . »

Ce samedi, il y aura beaucoup de monde au funérarium Dumoulin et au cimetière. Beaucoup de monde pour saluer la dernière symphonie inachevée de Louis.

13h30 : Levée du corps au funérarium Dumoulin (Avenue G. Joachim, 23)

13h45 : cimetière de Waremme